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Mahmoud Darwich : et la terre, comme la langue…

Hommage à John Berger. En présence de Simone Bitton (cinéaste). Suivi d’un débat.

Mahmoud Darwich: et la terre, comme la langue…

de
  • Simone Bitton
  • Documentaire
  • France
  • VOSTF
  • 1997
  • 59 min
  • Cinéma Numérique 2K
  • Couleur

D'après un scénario de Simone Bitton et Elias Sanbar

Le film retrace le parcours du grand poète palestinien, de lieu en lieu, au fil de ses années d’exil, loin de sa terre natale d’Al-Birwa : de Haïfa à Chypre, Tunis, Amman, Paris, Le Caire et Ramallah. 

« En arabe, un seul et même mot désigne la maison et le vers poétique : 'Bayt'. Nous avons fait ce film autour de cette idée, car nous vivons dans les poèmes de Mahmoud Darwich, ils font partie de notre vie, comme l’exil [...]. On a de la peine à s’imaginer, en Occident, l’immense ferveur populaire qui entoure les grands poètes en Orient. Dans le monde arabe, non seulement on lit plus de poèmes que de romans, mais aussi la poésie est un Art vivant, déclamé en public par ses auteurs. C’est pourquoi nous avons voulu faire un film qui soit plus qu’un portrait biographique de Mahmoud Darwich : notre ambition était de faire partager l’émotion intense née de ses mots, de ses métaphores, de son rythme inimitable. Nous avons conçu ce film autour de sa voix, et nous lui avons emprunté la cadence » — Simone Bitton et Elias Sanbar.

« Il existe dans la banlieue ouest de Ramallah une petite colline du nom d’Al-Rabweh, le poète Mahmoud Darwich est enterré près du sommet de la colline [...] Nous sommes allés visiter la tombe. Il y a une pierre tombale. La terre creusée est encore nue, et des gens endeuillés y ont déposé de petites gerbes de blé vert — comme il le suggère dans l’un de ses poèmes. Il y a aussi des anémones rouges, des morceaux de papier, des photos. Il voulait être enterré en Galilée, où il était né et où vit encore sa mère, mais les Israéliens l’ont interdit [...] Me souvenant de sa voix (il avait la voix calme d’un apiculteur), je ressentis le besoin de m’asseoir sur la terre palpable, sur l’herbe verte. Ce que je fis [...] En arabe, Al-Rabweh signifie « la colline recouverte d’herbe verte ». Ses mots sont retournés d’où ils venaient. Et il n’y a rien d’autre. Un rien que partagent quatre millions de personnes » — John Berger, dans Un lieu qui pleure, Le Monde diplomatique, 2009

  • En présence de Simone Bitton (cinéaste). Suivi d’un débat.