Hommage à John Berger, un auteur visionnaire
Né à Londres en 1926, John Berger a vécu de longues années en France et s’est éteint à Antony en 2017. Peintre, écrivain, poète, scénariste et essayiste, il a exploré les arts visuels, la littérature, la politique, le rapport à la terre et au vivant, avec une pensée sensible et visionnaire. Son œuvre, traduite dans 50 langues, continue de renouveler notre regard.
Avec la généreuse complicité de ses enfants, le Forum des images célèbre son centième anniversaire par des films, des rencontres, des cours et des conférences. Berger refusait les étiquettes et préférait se dire storyteller. Son fils Jacob Berger lui consacre One Hundred Johns, présenté en avant-première.
Les yeux grands ouverts
« Ouvre tes yeux, ouvre tes oreilles et lis John Berger », dit la cinéaste Isabel Coixet, que nous aurons le plaisir de recevoir dans le cadre de cet hommage avec 100 Years and you everywhere. De Ways of Seeing, texte fondateur sur les images, aux réflexions sur la photographie, le cinéma ou la peinture, Berger nous apprend à déplacer notre regard, à voir ce qui demeure invisible.
Le programme reçoit ainsi plusieurs spécialistes de son œuvre pluridisciplinaire : en ouverture, un cours de l’historien de l’art Frédéric Ogée, mais aussi une réflexion sur la photographie avec Emmanuel Favre (La Manufacture des idées) et une rencontre exceptionnelle avec le célèbre documentariste Mike Dibb, coréalisateur de Ways of Seeing.
John Berger et le cinéma
Le cinéma occupe bien sûr une place particulière dans ce parcours : de sa collaboration en tant que scénariste de trois films d’Alain Tanner, La Salamandre, Le Milieu du monde, et Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000, à son rôle de conteur dans Play Me Something, mais aussi son admiration pour Chaplin et son art de la chute dont vient nous parler l’éditeur français de John Berger, Olivier Cohen (Les Éditions de l’Olivier), lors d’un programme de deux courts métrages iconiques de Charlot.
Pourquoi regarder les animaux ?
Berger fut aussi un immense précurseur dans sa réflexion sur les animaux. De l’écureuil à l’anguille, du ver au chat, les animaux traversent son œuvre et sa pensée, attentive aux liens entre humains et non-humains.
Un cours de la chercheuse Alice Leroy et le film Taskafa prolongent cette exploration. Katya, Jacob et Yves Berger, les enfants de John Berger, nous font l’honneur d’une lecture chorale d’un collage de textes par Katya Berger-Andreadakis, intitulée Tu sais ce que je regarde ? Traces animales dans l'œuvre de John Berger
La maison et la langue
Enfin, la poésie et la langue occupent une place essentielle dans son œuvre, notamment à travers son dialogue avec Mahmoud Darwich. Un portrait du poète par Simone Bitton, en présence de la réalisatrice, clôt ce parcours consacré à une œuvre profondément humaniste et toujours vivante.
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