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    "Entre les murs"
    © Collection Christophel
    "Entre les murs"

    Cinéma ville - juillet 2014

    Mirages de la vie

    Paris, ville lumière, ville cinéma, a inspiré des milliers de films. Autour d’un réalisateur, d’un acteur, d’un quartier, d’une époque ou d’un thème, CinéMa ville propose chaque mois une exploration de ce qui palpite dans la cité.

    Ce mois-ci, Entre les murs de l’école poussent des Herbes folles. On suit une Traversée de Paris nocturne. On se délecte aussi de films noirs avec Claude Lelouch (La Bonne Année) et Le Tueur de Cédric Anger qui revisite le genre. De leur côté, les intellectuels parisiens de Desplechin n’en finissent pas de s’interroger sur leur vie sexuelle (Comment je me suis disputé…).

    « Je voulais que la réalité devienne tableau » (1). L’Anglaise et le Duc (2001) permet à Éric Rohmer d’expérimenter. Les personnages du film sont incrustés numériquement sur des tableaux peints. Le cinéaste mêle ainsi l’innovation la plus radicale avec un procédé proche du temps du muet. Ce mélange de naïveté et de modernité est au service d’un film qui est davantage un film sur la Terreur que sur la Révolution française.

    Dans La Fille de nulle part (2012), Jean-Claude Brisseau fait aussi un usage très personnel du numérique. Le cinéaste retrouve la fraîcheur des débuts pour ce film d’appartement qui, du quotidien, fait surgir des phénomènes paranormaux. Comme un débutant, le cinéaste fabrique « à la main » ses effets spéciaux, bricolant une fantastique « maison », qui participe du bonheur et de l’étonnement complices du spectateur.

    Mehdi Charef est aussi un réalisateur rare, dont les films sont une bouffée d’air dans le cinéma et la France des années 80. Après Le Thé au harem, Miss Mona (1987) montre à nouveau un duo de laissés-pour-compte, un immigré clandestin et un vieux travesti qui rêve de devenir une femme. « Cependant, le film n’est pas un puits de dépression sans fond. Grâce à la réalisation, le film garde une certaine fraîcheur, une justesse de ton qui préfère le sourire attendri aux larmes pathétiques. » (2) Ce goût pour les personnages à la marge se retrouve dans le cinéma fantaisiste et frondeur d’Antonin Peretjatko, dont La Fille du 14 juillet est une réponse joyeuse à une France en crise.

    (1) « Éric Rohmer », Cahiers du cinéma, n°559, 2001
    (2) Anthony Plu, « Miss Mona » (Mehdi Charef), 1kult.com, 20 septembre 2010