L’Art du mensonge

Un programme pour célébrer l’illusion, la falsification, l’occulte ou la manipulation, dans les films et les arts visuels. Place aux mythos ou aux trop sincères, vive les prestidigitateur·rices ou les conteur·seuses de l’absurde ! Du 29 avril au 5 juillet 2026.

Art de l'illusion par excellence, le cinéma a toujours usé de ses artifices et de son pouvoir de fascination pour mettre en scène des arnaques, des fabulations ou des mythomanes compulsif·ves.

Place aux intrigues politiques, aux manipulations médiatiques, aux espion·nes, aux identités multiples ou aux prestidigitateur·ices de l’absurde ! Du cinéma au jeu vidéo en passant par la télé-réalité et la bande dessinée : une traversée parmi les nombreuses formes du mensonge pour mieux se perdre dans des récits labyrinthiques et jouer des secrets bien gardés de l’image.

Parmi les temps forts à ne pas manquer : la venue du réalisateur britannique John Smith, aux documentaires aussi drôles qu’expérimentaux, les nombreux cours du vendredi et un week-end David Lynch, pour clôturer ce cycle (et notre saison).

Soirée d’ouverture : doutes, mensonges et vérités

Chef-d’œuvre de mise en scène, véritable métaphore de la machine cinématographique et des vertiges de la mise en images, L’Invraisemblable vérité, de Fritz Lang, ouvre tout naturellement notre cycle. Dans ce récit magistral aux rebondissements imprévisibles, un journaliste orchestre un « coup » fondé sur de fausses preuves pour démontrer la fragilité de la justice. Une leçon de cinéma d’une élégance rare et d’une actualité saisissante à l’ère du storytelling et des fake news. En préambule de cette projection, le court métrage Gargantuan, de John Smith, donne le ton du week-end qui lui sera consacré. 

Invité d’honneur : John Smith

Notre invité-phare, pour un focus exceptionnel de ses œuvres, est un réalisateur reconnaissable entre mille, malgré un patronyme plutôt commun... Imaginez si Jean-Luc Godard réalisait un film des Monty Python et vous aurez peut-être un aperçu global du travail du cinéaste John Smith, de son humour si singulièrement iconoclaste et trivial, couplé à une réflexion sur les pouvoirs hypnotiques de l’image et de la parole. Fort de plus de cinquante années d’expérimentation dans le documentaire expérimental et les installations vidéo, John Smith bouleverse les frontières entre réalité et fiction.

Son œuvre aussi espiègle que politique joue avec les régimes de croyances à travers le langage cinématographique, tout en absorbant dans la matière quotidienne les tragédies sociales et politiques des dernières décennies. Nous lui consacrons, le temps d’un week-end, des projections de ses courts et longs métrages en sa présence, ainsi qu’une masterclass animée par Charles Herby-Funfschilling, programmateur au Forum des images.

Je est un autre

Diane Arnaud, avec son cours « Les vertus du mensonge : croyance et connaissance » aborde, quant à elle, les histoires qu’on (se) raconte, les fictions du soi et du monde. Les films tels que Copie conforme, Rashômon, Chaînes conjugales, démultiplient et diffractent les versions et les points de vue. Parfois, on se réinvente en passant d’un genre à l’autre (Tootsie, Certains l’aiment chaud, Victor Victoria). Olivier Joyard revisite, quant à lui, un moment essentiel de la pop culture, qui résonne encore aujourd’hui dans nos vies mises en scène sur les réseaux sociaux, entre le vrai et le faux, à l’occasion de son cours « Télé-réalité : tours et détours de “Loft Story” ». 

Adorables escrocs

De nombreux films suscitent aussi en nous de l’euphorie et de l’empathie pour d’attachant·es escrocs qui font de l’arnaque un véritable art ou un moyen de survie. On retient ainsi notre souffle et on jubile devant leurs supercheries cocasses, qui sont parfois autant de revanches sociales ; avec Misère ou Noblesse, Les Producteurs et Parasite.

Mentir pour mieux régner

Il existe aussi (malheureusement) un versant sadique du mensonge où les enjeux de pouvoir façonnent des récits d’emprise et de domination. Dans son cours « Logocratie : la démocratie dévorée par les mensonges ? », Clément Viktorovitch se demande ce qui se passe quand la communication politique se permet de dire ce qui est faux, taire ce qui est vrai, et ne pas faire ce qui est dit. La langue dévoyée, les falsifications des appareils de pouvoir sont au cœur de La langue ne ment pas, Terezin, l’imposture nazie, The Apprentice. Dork Zabunyan, professeur en cinéma, dissèque les deepfakes et la manipulation politique dans son cours « Mensonges de l’histoire, cinémas de la mémoire ».

Le mensonge comme outil d’avilissement et d’asservissement d’autrui est aussi bien une affaire de sphère privée que de sphère publique. Hélène Frappat nous propose un cours intitulé « Le Gaslighting : un crime parfait contre la vérité » pour montrer combien le terme gaslighting - qui désigne originellement une relation conjugale reposant sur la manipulation - définit à présent un type de langage politique mensonger, et la violence qui en découle. Dans le prolongement de cette conférence, Gashlight, Martha, Pas de printemps pour Marnie, Bunny Lake a disparu sont autant de films qui évoquent la sphère intime comme le berceau des dominations.

« David Lynch ou l’art de dézinguer le mensonge avec élégance »

À partir du cours éponyme par Charlotte Blum, nous terminons en beauté le programme et la saison du Forum des images, avec une semaine et un week-end consacrés à David Lynch et aux puissances créatrices de ses œuvres qui déjouent les mensonges du monde, d'une Amérique au vernis qui s'écaille, d'un Hollywood qui brise les rêves. Avec des projections de Blue Velvet, Lost Highway, Mulholland Drive, Twin Peaks : Fire Walk with Me mais aussi des documentaires, sans oublier la saison 1 de Twin Peaks en marathon et des invité·es !  À l’instar de Dale Cooper qui cherche inlassablement à débusquer les faux-semblants, on passe de l’autre côté du miroir. Venez vous perdre avec nous dans ces jeux de faux-semblants, et y trouver une possible vérité.
 

→ Programme détaillé à venir.

Les séances

Tarifs

plein: 7,50€

réduit : 6€ 
(moins de 30 ans, étudiant·es, demandeur·ses d’emploi, plus de 60 ans, personnes en situation de handicap).

carte UGC Illimité : 5,50€

moins de 14 ans : 5€

préférentiel : 4 €
(pour les détenteurs de la carte Forum Liberté et leurs accompagnant·es, les accompagnant·es des détenteur·rices de la carte Forum Illimité et de la carte TUMO Paris, les agents de la ville de Paris, les adhérent·es de la carte POP' du Centre Pompidou)

étudiant·es TUMO Paris : gratuit, 4 € pour leurs accompagnant·es

Les cours du vendredi : 
tarif unique : 5€
préférentiel : 4 €
(pour les détenteurs de la carte Forum Liberté et leurs accompagnant·es, les accompagnant·es des détenteur·rices de la carte Forum Illimité et de la carte TUMO Paris, les agents de la ville de Paris, les adhérent·es de la carte POP' du Centre Pompidou)
gratuit : bénéficiaires des minima sociaux, détenteur·ices des cartes Forum Illimité ou TUMO Paris

BON PLAN : toutes nos séances en accès Illimité avec la carte Forum Illimité ! 
À partir de 9 € / mois.
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