Maria Schneider, l’insoumuse
Thématique « Sois belle et tais-toi ! »
Partie 1 du 16 au 20 septembre 2026
Les séances Maria Schneider, l’insoumuse
Rebelle, mystérieuse, libre, vulnérable, insaisissable, insolente, lucide, transgressive, authentique. Penser un hommage à Maria Schneider (1952-2011) pour les quinze ans de sa disparition suscite de nombreuses questions. Lui rendre honneur serait essayer de la raconter telle qu’elle était tout en interrogeant, collectivement, une certaine histoire du cinéma.
« Les gens m’ont identifiée à un personnage qui n’était pas moi. Ensuite, j’ai rencontré Antonioni, qui est plus proche de ce que je suis dans la vie ». Souvent réduite à un seul titre, Maria Schneider est devenue, malgré elle, un obscur objet du désir à l’image de l’œuvre de Luis Buñuel dans laquelle elle ne tourna finalement pas. Elle tenta, en vain, de dénoncer les manipulations, les dérives d’un système, le sexisme ordinaire. Au regard du scandale et de l’impact qu’eût Le dernier Tango à Paris sur sa vie, elle déclarait plus tard qu’elle refuserait ce rôle aujourd’hui. Pour cette raison, il ne sera pas projeté ici. En revanche, la notion des films dits « abîmés » sera pleinement abordée.
Dévoiler, qui plus est, cette rétrospective dans le sillage de la victoire symbolique de Nastassja Kinski face à Wim Wenders au sujet de Faux Mouvement (1975) en confirme l’absolue nécessité. A défaut de pouvoir effacer des scènes, nous allons en convoquer de nouvelles, réinventer les imaginaires et donner à voir les images manquantes d’une filmographie riche de plus de quarante œuvres.
Michelangelo Antonioni, René Clément, Jacques Rivette, sa nomination aux César aux côtés de Miou-Miou, le grand Mehdi Charef, l’inspirante Nouchka van Brakel, les songes expérimentaux d’Elisabeth Subrin, la rareté méconnue de Dominique Goult, incarnent ce geste de programmation qui porte en son cœur une grande table ronde sur l’héritage de Maria Schneider à l’ère #MeToo.
Elle vénérait Greta Garbo pour son ambiguïté, Anna Magnani pour sa force et Vivian Leigh pour sa fragilité. Maria Schneider était tout cela à la fois.
« Je suis fière de faire partie de l’histoire du cinéma. »
Venez à sa rencontre.
— Justine Lévêque
Responsable de l’hommage à Maria Schneider
Les rencontres et invitées
Ce portrait s’ouvrira sur une performance de l’autrice et compositrice Alma Rechtman qui interprétera Maria de Patti Smith. Quatre temps forts ponctueront cet hommage : Emmanuelle Dancourt, Présidente de MeTooMedia, animera une rencontre sur les films abîmés suite au documentaire Il était une fois… Le dernier Tango à Paris. La projection de La Dérobade sera accompagnée d’un panel sur la représentation des travailleuses du sexe au cinéma par Timé Zoppé, rédactrice en chef du magazine Trois couleurs et créatrice de la rubrique Queer Gaze. L’actrice et autrice Marilou Aussilloux (Seule comme Maria) offrira une lecture du livre Maria de Vanessa Schneider en ouverture de la grande table ronde #MeToo portée par Iris Brey. Enfin, le cours du vendredi, portrait d’une comète passagère, figure incontournable des années 1970, sera mené par la critique et cinéaste Camille Nevers.
Programmation en partenariat avec MeTooMedia et Davines France.