close
close
keyboard_arrow_left RETOUR
    Répusion
    Répusion © Collection Christophel

    La revue Positif a 60 ans

    La revue fête pendant deux semaines ses soixante ans au Forum des images. En compagnie d’invités prestigieux, et à travers une sélection  de films aimés et défendus par la rédaction depuis le premier numéro de la revue fondée à Lyon en 1952 par Bernard Chardère. Du 18 au 30 septembre 2012

    C’est l’histoire d’un groupe de camarades d’horizons divers qui, rassemblés par leur amour du septième art, se réunissent tous les dimanches pendant trois heures, depuis 60 ans, pour parler des dernières nouvelles concernant le cinéma et pas que lui. Ils y déterminent le contenu des prochaines livraisons de leur revue, lisent les textes qui leur sont envoyés de l’extérieur, et développent les projets à venir. La revue n’a pas de rédacteur en chef à proprement parler, les auteurs ne sont pas rémunérés et les décisions sont prises par un comité, constitué de membres représentant les strates de rédacteurs qui se succèdent, depuis sa création jusqu’aux plus récents arrivants. Cette cohabitation de générations engendre un dialogue perpétuel, parfois animé et contradictoire, qui fait de Positif une revue dont on peut vraiment dire que l’“esprit” ou le “ton” a évolué par additions successives, plutôt que par le remplacement de tel groupe dirigeant par un autre. Ce fonctionnement décentralisé, “excentrique”, a sans doute quelque chose à voir avec le fait que la revue n’est pas née à Paris mais en province, en l’occurrence à Lyon (où son fondateur, Bernard Chardère, sera plus tard à l’origine de l’Institut Lumière, actuel coéditeur de Positif avecActes Sud). 

    Aujourd’hui, notre politique éditoriale en termes de curiosité artistique, d’information historique et d’analyse critique est motivée par une réaction ferme au matraquage promotionnel, et à la réduction patente de l’espace alloué à la critique de cinéma dans la presse généraliste. L’appréciation esthétique marquée nous paraît de plus en plus impérieuse, au moment où les pages culturelles des journaux se transforment plus ou moins ouvertement en commentaires, dictés par le “marché” et sa “cible”, sur les performances des films au box-office. Ces dernières années, le paysage des périodiques de cinéma a considérablement changé. Les magazines privilégient le zapping, les mini-notules critiques, les pages “people” et les informations professionnelles ou financières. Dans le même temps, se développent des publications de recherche plus pointues, théoriques ou historiques, souvent remarquables, mais destinées à un lectorat érudit. 

    Positif, mensuel disponible dans les kiosques et les maisons de la presse, persiste au milieu de tous ces aléas à se proclamer “revue de cinéma” envers et contre tout, comme à ses débuts et peut-être de façon plus singulière encore. Avec l’éclatement de l’information sur le net et le déferlement des nouveaux moyens de diffusion des films, nous ressentons encore plus fort la nécessité de choix bien informés, permettant de faire le tri dans un flux d’images continues. Comme à nos premiers usagers d’il y a 60 ans, nous laissons aux lecteurs et aux spectateurs d’aujourd’hui le soin de nous dire si cette contribution est toujours pertinente et si notre enthousiasme est partagé. 

    Le Forum des images, institution comme nous à la fois reconnue et originale, nous accompagne depuis de nombreuses années déjà, notamment avec des avant-premières mensuelles et des partenariats de programmation. Nous avions fêté ici notre demi-siècle d’existence. Dix ans de plus ont passé, notre complicité reste intacte. 

    La rédaction de Positif