La Master class de Mathieu Amalric

    animée par Pascal Mérigeau, critique à L'Obs

    • DIM 14 DÉCEMBRE 2014 À 17:30

    Acteur ou metteur en scène ? Les deux, et pas qu’un peu. Si ce n’est que l’activité du premier met en péril celle du second. Ainsi, Tournée, qu’il réalisa en 2010 et lui valut le Prix du meilleur réalisateur à Cannes cette année-là, lui occupa-t-il l’esprit pendant plus de sept ans avant qu’il ne mette le projet à exécution. Pourquoi tout ce temps ?

    Acteur ou metteur en scène ? Les deux, et pas qu’un peu. Si ce n’est que l’activité du premier met en péril celle du second. Ainsi, « Tournée », qu’il réalisa en 2010 et lui valut le Prix du meilleur réalisateur à Cannes cette année-là, lui occupa-t-il l’esprit pendant plus de sept ans avant qu’il ne mette le projet à exécution. Pourquoi tout ce temps ? Parce qu’il a, dit-il, « été submergé par la chance de jouer dans de nombreux films, d’être demandé par des amis cinéastes, de (se) trouver parachuté dans la loufoquerie d’un James Bond (« Quantum of Solace », 2008). »

    Ce fils de deux grands journalistes a pensé d’abord à la réalisation, et c’est ainsi qu’il fut assistant-réalisateur et assistant-monteur, avant que Arnaud Desplechin ne l’«invente comme acteur », ce qui au passage lui a donné la conviction que « tout le monde peut jouer et qu’il suffit d’aimer quelqu’un pour le transformer en acteur ». Desplechin, c’est certain, a du mal depuis à imaginer un film sans lui, d’ailleurs en ce moment ils travaillent ensemble de nouveau.

    Et puis, il faut le dire aussi, Mathieu Amalric est fasciné également par les producteurs, « par leur folie, leur force, leur courage », c’est ainsi qu’il souhaitait confier le personnage de « Tournée » à Paulo Branco, lequel a produit pour lui depuis « La Chambre bleue », magnifique adaptation du roman de Simenon. De cette proximité avec les producteurs, il tient que « le budget décide aussi de ce que sera le film » et reconnaît qu’entre le geste du réalisateur et celui du producteur, lui-même ne fait pas de vraie différence. Il n’a pas encore 50 ans, a obtenu trois César (meilleur espoir en 1997 pour « Ma vie sexuelle, comment je me suis disputé » et Meilleur acteur en  2005 et 2008 pour « Rois et Reine » et « Le Scaphandre et le Papillon »), et a joué déjà dans quelque soixante-dix films (sans compter les courts métrages et la télévision), passant ainsi de Alain Resnais à Spielberg, de Roman Polanski à Wes Anderson, il en a réalisé six et songe toujours, entre autres, à porter à l’écran « Le Rouge et le Noir ». On allait oublier qu’il trouve encore le temps de faire du théâtre, et de donner au Forum des Images sa Master class. Pas mal !

     

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    Durée : 1h30