Divine nuit

    Adolescent, Harris Glen Milstead était d’une timidité maladive, complexé par son physique, subissant passivement les brimades de ses camarades. Sous l’impulsion du “Pope of Trash” John Waters, il a pris une revanche sur cette (mauvaise) vie de garçon à Baltimore
    et s’est métamorphosé en Divine, quelque part entre Fellini et Russ Meyer. Après quelques prestations marquantes (simili-Jackie Kennedy dans Eat Your Make-Up ; violée par un homard géant dans Multiple Maniacs), Divine remporte le titre de la personne la plus ignoble du monde dans Pink Flamingos, en dégustant une déjection canine. Waters la plonge de nouveau dans les poubelles avec Female Trouble, en ado capricieuse tentée par le crime, au parcours trash puis tragique. Dans Polyester, Divine devient plus mainstream, à l’image du cinéma de John Waters. Elle se produit au théâtre, dans les cabarets, écorche au passage quelques tubes pop et disco pour faire saigner les oreilles de l’Amérique bien-pensante. Peu de temps après la sortie de l’euphorisant Hairspray, Harris Glen Milstead décède d’une apnée du sommeil. Il venait juste de se réconcilier avec sa mère Frances qui a appris l’existence de son double magnifique en 1981 via un magazine. Une mère qui lui a rendu un sublime hommage posthume dans la biographie, My Son Divine.