Rencontre avec Nikita MikhalkovGrande figure du cinéma russe, Nikita Mikhalkov vient présenter son nouveau film, 12, en avant-première, et discuter avec le public dans le cadre d’une Rencontre. |
“On n’est pas d’Est ou d’Ouest, ici, on est d’Eurasie ; on peut bénéficier à la fois de la sagesse de l’Orient et de celle de l’Occident”, souligne Nikita Mikhalkov. Controversé du fait de ses positions politiques souvent très tranchées, le cinéaste est avant tout le peintre à la fois tendre, grinçant et ironique de la Russie éternelle. Son oeuvre, inspirée de Tchekhov, de Gontcharov, de Volodine, stigmatise l’occidentalisation des valeurs de son pays, et oscille entre nationalisme exacerbé et nostalgie. “L’âme russe a été tuée, dit Mikhalkov, pervertie par l’athéisme et le mensonge”. Ses plus grands films, magnifiques, grandioses et tendres – Partition inachevée pour piano mécanique, Cinq soirées, Quelques jours dans la vie d’Oblomov, Les Yeux noirs, Soleil trompeur, Urga… – en ont pourtant la profondeur, la gravité, mais aussi la finesse et la sensibilité. 12, présenté en avant-première, transpose le scénario du film de Sidney Lumet 12 hommes en colère pour imaginer le procès d’un jeune Tchétchène accusé du meurtre d’un officier russe. Prodigieux huis clos théâtral, c’est tout à la fois une chronique amère de la lâcheté des hommes, un pamphlet contre la démocratie
impuissante et le portrait ambigu d’une Russie tourmentée.