Le bilan 2009Chaque année, le cinéma témoigne des complexités de notre monde, déstabilisant les idées reçues, dénonçant les schémas établis, éclairant les enjeux politiques. Critiques, cinéastes, historiens du cinéma et personnalités de la société civile se rassemblent autour d’une table ronde et tiennent quatre conférences pour analyser la production de l’année 2009 et mettre en avant le rapport étroit que le cinéma entretient avec la géopolitique. En entrée libre. |
CONFÉRENCE DIALOGUÉE DE JEAN-PIERRE ESQUENAZI ET ROMAIN GOUPIL
Réalisateur et acteur, assistant d’Akerman, Godard et Polanski, Romain Goupil consacre une grande partie de son oeuvre à ses
préoccupations militantes et activistes (Mourir à trente ans, Une pure coïncidence). Directeur de l’Ersicom (recherche sur les systèmes d’information et de communication des organisations et sur les médias), Jean-Pierre Esquenazi est spécialisé dans la sociologie de la culture.
Welcome, le dernier film de Philippe Lioret, a suscité une vive polémique en France à propos de l’immigration. Le cinéaste s’est même attiré les foudres du ministre Éric Besson pour avoir comparé la situation des sans-papiers à celle des Juifs en 1943. Philippe Lioret a dû s’expliquer, la portée de son film allant au-delà du message qu’il souhaitait traiter. Le cinéma peut-il agir ou non sur nos consciences politiques ? Si oui, comment ? Extraits de films à l’appui, Romain Goupil et Jean-Pierre Esquenazi tentent d’analyser nos motivations et nos nécessaires identifications aux personnages incarnant la désobéissance civile.
mardi 2 février à 19h00
CONFÉRENCE DE WILLIAM KAREL
Particulièrement intéressé par les événements majeurs du XXe siècle, William Karel est l’auteur de nombreux documentaires à teneur politique et historique (Le Monde selon Bush, Poison d’avril…).
Sur le plan politique, le thème de la crise a largement occupé nos médias en 2009. Qu’en est-il du cinéma ? Les cinéastes ont-ils eux aussi investi le sujet à travers leurs films ? Certains films de cinéastes déjà reconnus, réalisés cette année, annoncent un intérêt grandissant : Capitalism, a Love Story de Michael Moore, The Informant de Steven Soderberg, Up in the Air, de Jason Reitman ou encore La Stratégie du choc de Michael Winterbottom. Le festival demande au documentariste William Karel, qui vient de réaliser un film sur la crise de 1929, de venir s’interroger, extraits de films à l’appui, sur la manière dont le cinéma peut s’emparer d’un tel sujet, quels types d’images il peut produire et comment la crise financière actuelle peut être représentée.
mercredi 3 février à 19h00
CONFÉRENCE DIALOGUÉE DE HERVÉ KEMPF ET ANNICK PEIGNÉ-GIULY
Journaliste et écrivain, Annick Peigné-Giuly est membre du comité de rédaction de la revue Images documentaires et préside l’association Documentaire sur Grand Écran. Journaliste spécialisé dans les questions environnementales, Hervé Kempf est l’auteur de “Comment les riches détruisent la planète” (Éd. Seuil, 2007) et “Pour sauver la planète, sortez du capitalisme” (Éd. Seuil, 2009).
En 2006, Al Gore, candidat démocrate à la présidence des États-Unis en 2000, réalise Une vérité qui dérange pour appuyer sa campagne de sensibilisation sur le réchauffement climatique. Diffusé à la veille des élections européennes, Home de Yann Arthus-Bertrand favorise, selon certains, le succès d’Europe Écologie. Puis, c’est l’écologiste Nicolas Hulot qui met en forme son discours sur la question de “l’urgence écologique” avec le film Le Syndrome du Titanic. Quelle influence peuvent avoir ces films sur la politique et l’opinion publique ? Comment le genre documentaire est-il utilisé pour faire passer des idées ? Quel est l’impact des images ? Extraits de films à l’appui, Hervé Kempf et Annick Peigné-Giuly analysent ce phénomène nouveau et examinent comment le cinéma documentaire se propose de voler au secours de la planète.
jeudi 4 février à 19h00
CONFÉRENCE DIALOGUÉE DE FLORENCE AUBENAS ET JEAN-MARIE DELARUE
Journaliste à Libération puis au Nouvel Observateur, Florence Aubenas a travaillé pendant plus de vingt ans sur la condition pénitentiaire et préside désormais l’Observatoire international des prisons. Haut fonctionnaire, conseiller d’État, Jean-Marie Delarue est actuellement contrôleur général des lieux de privation de liberté.
La question du milieu carcéral a fait l’objet, cette année, d’une double médiatisation, à la fois politique (conditions de détention, loi pénitentiaire) et cinématographique, avec des films comme Un prophète de Jacques Audiard, Hunger de Steve McQueen, Bronson de Nicolas Winding Refn ou encore 9m2 pour deux de Joseph Cesarini et Jimmy Glasberg. Comment la prison est-elle filmée, représentée ? Que nous disent ces films sur ce lieu et ce problème ? Alimentée d’extraits de films, la conférence invite Florence Aubenas et Jean-Marie Delarue à évoquer la représentation possible ou impossible du milieu carcéral.
vendredi 5 février à 19h00
TABLE RONDE - durée : 2h00
Animée par Sylvain Bourmeau, journaliste à France Culture. Avec Merzak Allouache (cinéaste), Michel Ciment (critique et historien du cinéma, rédacteur en chef de la revue Positif), Roland Hélié (journaliste, L’Annuel du cinéma) et Claude Leblanc (rédacteur en chef de Courrier international).
Journalistes et cinéaste se rassemblent autour d’une table pour revenir sur la production cinématographique de l’année 2009 et l’analyser avec une lecture spécifique : quels films ont eu un impact particulier sur la société ? Quels thèmes à teneur politique ont été particulièrement traités ?
En partenariat avec France Culture - Entrée libre dans la limite des places disponibles
samedi 30 janvier à 18h30