Drôle de frimousse
    © Collection Christophel
    Drôle de frimousse

    Paris vu par Hollywood

    Du 2 mai au 29 juillet 2012

    Hollywood adore Paris. La preuve, nombre de films américains s’y déroulent. Mais Paris vu par Hollywood, ce n’est pas l’image d’une ville, mais plutôt celle d’un rêve : la tour Eiffel, Montmartre, les cafés, les jolies femmes, les cabarets, la mode, la gastronomie, les promenades en amoureux le long de la Seine... Un Paris magnifié, pour notre plus grand plaisir ! 

     

    Le quartier de Hollywood a été fondé à la fin du XIXe siècle. Devenu lieu de tournage dès 1910, le site a acquis sa renommée internationale dans les années 1920 et 1930, premier âge d’or. Emblème du cinéma américain, au point que son nom, Hollywood, fait souvent référence à l’industrie cinématographique américaine dans son ensemble, il rassemble les grands studios : cinq majors (MGM, Paramount, Warner Bros, 20th Century Fox, RK0) et trois “indépendants” (Universal, Columbia, United Artists). 

     

    Les studios disposent d’aires géographiques de prédilection, et produisent en conséquence : MGM, des productions rutilantes (Les Trois Mousquetaires de George Sidney) et de grandes comédies musicales (Un Américain à Parisde Vincente Minnelli) ; Paramount, c’est la sophistication, le style, l’élégance avec les films de Sternberg, Wilder ou Lubitsch ; Warner Bros, les films noirs avec des acteurs comme Humphrey Bogart (Casablanca de Michael Curtiz) ; 20th Century Fox, les grands succès de Marilyn Monroe (Les hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks) ; RKO, les comédies musicales de Fred Astaire et Ginger Rogers (L’Entreprenant M. Petrov - 1937, La Grande Farandole - 1939)… Comme l’a lancé Ernst Lubitsch, “il y a le Paris de Paramount et le Paris de la MGM. Et puis bien sûr le vrai Paris”. Place au Paris des grands studios hollywoodiens ! 

     
    Paris est une comédie

    Amoureux de la capitale, les cinéastes américains en ont fait la ville la plus romantique du monde, une cité idéalisée où il fait bon vivre, cadre privilégié d’intrigues sentimentales dans un genre typiquement, américain : la comédie sophistiquée. L’Opinion publique de Charlie Chaplin a ouvert la voie. Mais c’est Ernst Lubitsch qui impose le genre à Hollywood. Et Billy Wilder suit en digne héritier : son film Ariane est un hommage à cette grande comédie sophistiquée des années 30. Dans Charade de Stanley Donen, Cary Grant séduit Audrey Hepburn du côté du Trocadéro ; dans La Belle de Moscou – remake de Ninotchka de Lubitsch –, Cyd Charisse, charmée par Fred Astaire, succombe aux délices de la vie parisienne, alors que place de la Concorde, Leslie Caron et Gene Kelly marivaudent en Technicolor dans une capitale de carton-pâte pour Un Américain à Paris. Quant à tomber amoureux, c’est à Paris que cela doit se passer… 

     

    Paris chanté et dansé

    Importée de Broadway à Hollywood à la naissance du cinéma parlant, la comédie musicale américaine s’impose au 7e art comme l’archétype du genre. Son âge d’or s’étend de 1935 à 1955. Les années 30 sont l’époque des chefs-d’oeuvre du couple Fred Astaire – Ginger Rogers. Dans les années 40, surgit sur les écrans le dynamique Gene Kelly. Après la Seconde Guerre mondiale, la MGM règne sans partage sur la production de comédies musicales et prend sous contrat Fred Astaire, Gene Kelly, Frank Sinatra, Vincente Minelli, Cyd Charisse, etc. On considère que ce second âge d’or s’achève en 1958 avec le film Gigi de Minnelli. Alors, enchantons les rues de la ville ! 

     

    Espions et courses-poursuites

    Le cinéma hollywoodien a souvent pris la Ville lumière comme capitale mondiale de l’espionnage. La tour Eiffel, Notre-Dame de Paris, les Champs-Élysées ou les Invalides ont abrité autant d’aventures rocambolesques que de ténébreuses affaires, de L’Étau d’Alfred Hitchcock à Target d’Arthur Penn. Qui dit cinéma américain, dit film d’action et donc courses-poursuites ! C’est le film Bullitt qui a initié le genre avec sa poursuite de plus de dix minutes. Depuis, chaque film d’action a la sienne. Et les films d’action américains tournés dans Paris n’y coupent pas. Pour Ronin de John Frankenheimer, des pilotes professionnels roulent à plus de 160 km/h dans le tunnel des Halles et sur le périphérique, parfois même à contresens. Mais qu’importe si la vision de Paris des cinéastes américains repose sur des clichés et des stéréotypes. Tant qu’ils les utilisent pour nous offrir des films qui font rêver… 

     

    La programmation Paris vu par Hollywood a été élaborée par Isabelle Vanini, programmatrice du Forum des images 

     

    Bibliographie

    Webographie

    Filmographie complémentaire