Temps forts du cycle

Hollywood adore Paris. La preuve, nombre de films américains s’y déroulent. Mais Paris vu par Hollywood, ce n’est pas l’image d’une ville, mais plutôt celle d’un rêve : la tour Eiffel, Montmartre, les cafés, les jolies femmes, les cabarets, la mode, les promenades en amoureux le long de la Seine... 

PROCHAINEMENT...

 

  • EN JUILLET...

> Paris, capitale de l’amour et ville de la misogynie ?
du mercredi 11 au vendredi 13 juillet
Paris a servi de cadre à des histoires d’amour sublimes : Frank Borzage y met en scène l’un des plus beaux mélodrames de l’histoire du cinéma, L’Heure suprême (1927); dans Camille de George Cukor (1936), Greta Garbo est une éblouissante “Dame aux camélias”. Mais si Paris est la ville de l’amour, c’est aussi, pour les Américains, la capitale du plaisir et de la fête : Ange de Lubitsch (1937) est un récit typique de ménage à trois et d’adultère, passé à la “Lubitsch’s touch”; dans La dernière fois que j’ai vu Paris de Richard Brook (1954), Van Johnson est un soldat démobilisé qui tombe amoureux de la belle et frivole Elisabeth Taylor. Et si Paris était aussi une ville misogyne, comme dans l’inquiétant Barbe-Bleue d’Edgar G. Ulmer (1944) avec John Carradine en tueur psychopathe, ou dans Monsieur Verdoux (1948), déroutant chef-d’oeuvre de Chaplin, mettant en scène un assassin misanthrope. 

 

> Deux ciné-concerts exceptionnels
L’Heure suprême, mercredi 11 juillet à 19h
La Bohème, mercredi 18 juillet à 19h
Gaël Mevel accompagne au piano et au bandonéon L’Heure suprême de Frank Borzage (1927), sublime mélodrame sur deux amants séparés par la guerre mais que leur foi réunira. Et Béatrice Thiriet accompagne au piano La Bohème de King Vidor (1926) avec Lillian Gish, inoubliable Mimi, se traînant sur les pavés de Paris pour mourir dans les bras de Rodolphe. 

 

> Week-end “Audrey Hepburn, Miss Paris”
samedi 14 et dimanche 15 juillet
Dans les années 50, puis les années 60, “la popularité de [Paris] dans la comédie américaine s’épanouit de nouveau grâce à l’éclosion d’une jeune et ravissante star habillée par Givenchy : Audrey Hepburn” (N.T. Binh). Après Sabrina (1954) et Ariane (1957) de Billy Wilder, Drôle de frimousse (1957) et Charade (1963) de Stanley Donen, et Deux têtes folles (1964) de Richard Quine, Audrey Hepburn tourne encore à Paris Comment voler un million de dollars de William Wyller (1966). Une plongée en six films dans le Paris chic d’Audrey Hepburn, rêvé par Hollywood. 

 

> Semaine “Paris littéraire”
du mercredi 18 au samedi 21 juillet
Le film d’époque hollywoodien situé à Paris prend souvent la forme de l’adaptation littéraire. Si le livre de Gaston Leroux, “Le fantôme de l’Opéra”, a connu d’innombrables adaptations, celle de Rupert Julian en 1925 immortalisa Lon Chaney, défiguré, dans les sous-sols du palais Garnier. William Dieterle, lui, signe une splendide adaptation hollywoodienne du roman de Victor Hugo avec Charles Laughton, Quasimodo inoubliable d’humanité (1939). Les adaptations de la nouvelle d’Edgar Allan Poe “Double assassinat dans la rue Morgue” recréent à Hollywood un Paris d’époque plus angoissant : en 1932, Robert Florey met en scène Bela Lugosi en savant fou, dans un Paris expressionniste ; et en 1954, Roy Del Ruth reconstitue le climat de violence propre à l’auteur des “Histoires extraordinaires” dans une série B typique du cinéma américain des années 50. 

 

> Journée “Paris en guerre, vu par les Américains”
dimanche 22 juillet
En 1942, les États-Unis venaient d’entrer dans le second conflit mondial. Hollywood met alors en chantier des films qui auront pour but de glorifier la résistance au nazisme, la France occupée devenant ainsi un décor de prédilection. Joan of Paris de Robert Stevenson en est le premier exemple. La guerre est bien sûr un sujet en or permettant de mêler intrigue amoureuse et conflit mondial : dans Casablanca de Michael Curtiz, tourné aussi en 1942, Paris apparaît comme le lieu du souvenir d’un amour perdu. Et dans Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (1962), Vincente Minnelli filme l’entrée des Allemands sur l’avenue des Champs-Élysées reconstituée à Versailles pour ne pas traumatiser les Parisiens. 

 

> Journées “Paris bohème”
du mercredi 25 au vendredi 27 juillet
Hollywood raffole d’un genre particulier, le biopic, évocation romancée  de la vie de personnages célèbres, qui s’intéresse volontiers à la vie  des peintres : Vincent van Gogh et Paul Gauguin dans La Vie passionnée de Vincent van Gogh de Vincente Minnelli; Toulouse-Lautrec dans Moulin rouge de John Huston. D’autres domaines artistiques ont reconnu Paris comme source d’inspiration au cinéma. Ainsi, dans La Chanson du souvenir de Charles Vidor (1945), Frédéric Chopin ne rencontre la gloire qu’après son arrivée à Paris ! 

 

> Soirée “Quand les Américains détruisent Paris”
dimanche 29 juillet
Partant de la formule “Paris = tour Eiffel”, de nombreux films d’action américains prennent la tour pour décor, voire directement pour cible (G.I. Joe - Le réveil du Cobra de Stephen Sommers). Quand la menace fait rage, les regards se tournent une dernière fois vers Paris… Avec fracas de météorites (Tranformers 2 : la revanche de Michael Bay), les pires ravages s’abattent sur la ville. Mais Paris menacé tient aussi le privilège de compter parmi les villes du monde que les super héros viennent délivrer des grands malheurs : ainsi, Superman II (Richard Lester) pointe à l’horizon ! 

 

 

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PRÉCÉDEMMENT...

 

  • EN MAI...

> Réinventer Paris en studio : le Paris de Billy Wilder
jeudi 3 mai à 19h
Lors  de cette conférence, Jean-Pierre Berthomé, spécialiste du décor de  cinéma, revient sur la collaboration d’Alexandre Trauner avec Billy  Wilder. Ariane (1957) marque la première collaboration entre le  réalisateur et le décorateur. Le film donne à ce dernier l’occasion de  reconstituer au studio de Boulogne tout un étage de l’hôtel Ritz,  l’intérieur de l’Opéra ou les quais de la Seine. Mais c’est aux  États-Unis, dans les studios hollywoodiens de Samuel Goldwyn, que  Trauner crée la quintessence de sa vision de Paris. Comme dans Irma la douce (1963)  : “Pour moi, c’était une aventure formidable parce qu’il fallait  reconstruire en studio toute une partie du quartier des Halles à Paris  avec un vrai réseau de rues, des petites places, les halles elles-mêmes  avec leurs amoncellements de nourriture et tous les gens qui travaillent  là-dedans. C’était très joli, ce décor, et très surprenant. On était  dans les studios, dans cet Hollywood écrasé par le soleil qui vibre, on  ouvrait la porte du plateau et brusquement l’atmosphère changeait,  c’était une autre ville, une autre ambiance, une autre vie”. (Alexandre  Trauner) 

 

> Le Paris de Lubitsch
du jeudi 10 au dimanche 13 mai
Ernst  Lubitsch n’a jamais tourné un plan à Paris. Pourtant, la Ville lumière  est le décor d’un grand nombre de ses films. C’est surtout dans la  période américaine du cinéaste que la capitale française passe au  premier plan, notamment dans Les Surprises de la T.S.F. (1926), Une heure près de toi (1932), Haute pègre (1932), Sérénade à trois (1933), La Veuve joyeuse (1934), Ange (1937) et Ninotchka (1939).  “Paris est un imaginaire dans le cinéma américain, et en tout premier  lieu dans les films de Lubitsch, et ses films ont sans doute contribué à  dessiner cet imaginaire”, souligne Bernard Eisenschitz. L’occasion  aussi d’un hommage, par Olivier-René Veillon, à L’Opinion publique de Chaplin, accompagné au piano par Éric Le Guen, film qui exerça sur Lubitsch la plus profonde influence 

 

> Semaine “Paris chanté et dansé”
du mercredi 16 au dimanche 20 mai
“Paris  est pour les Américains la capitale de la désinhibition et de la  libération des pulsions, mais aussi des vêtements de luxe et des  cabarets chics : la comédie musicale américaine a largement profité de  cette iconographie” 1. C’est à Paris bien sûr que Fred Astaire séduit  Cyd Charisse (La Belle de Moscou, 1957), et connaît le succès en se produisant au Café de Paris avec Ginger Rogers dans La Grande Farandole (1940). D’Aimez-moi ce soir (1931) dans lequel Maurice Chevalier chante “The Song of Paree”, jusqu’au récent Moulin Rouge (2000)  qui affiche sa splendeur néo-hollywoodienne, “les comédies musicales  […] poursuivent le filon d’une gaieté parisienne arrosée de champagne,  propice à l’éclosion romanesque par le chant et la danse” ("Paris au cinéma" de N.T. Binh, Éd. Parigramme, 2003) 

 

> Quand Hollywood filme Paris…
samedi 26 mai et dimanche 27 mai
De Da Vinci Code à Inglourious Basterds, d’Inception à L’Invention d’Hugo Cabret,  comment les cinéastes américains veulent-ils filmer Paris ? Tournages  et anecdotes, extraits à l’appui, avec Sophie Boudon Vanhille (Mission  Cinéma) et Anne Seibel, chef décoratrice (notamment sur Midnight in Paris de Woody Allen, Au-delà de Clint Eastwood, G.I. Joe : le réveil du cobra de Stephen Sommers, Rush Hour 3 de Brett Rattner, Marie-Antoinette de Sofia Coppola et Munich de  Steven Spielberg). Une rencontre suivie d’une journée “ Courses  poursuites dans les rues de Paris”, avec quatre films d’action  américains récents ! 

 

> Les Cours de cinéma
vendredis 4, 11, 18 et 25 mai
Antoine  de Baecque revient sur la mythologie que véhicule Paris dans le cinéma  américain ; Marc Cerisuelo analyse l’art de la “comédie sophistiquée”  (Chaplin, Lubitsch, Wilder) ; Christian Viviani démontre que Paris est  bien la seconde capitale de la comédie musicale américaine ; et Serge  Chauvin prouve que Paris est moins un lieu qu’une mémoire fantasmée du  cinéma pour les cinéastes américains d’aujourd’hui. Chacun des  intervenants a choisi un film qu’il présente à 21h, juste après son  cours. Entrée libre 

 

> Exposition "Le Forum des Halles déroule le tapis rouge pour le studio Harcourt"
du 3 au 27 mai
Pour  la première fois depuis des décennies, le prestigieux Studio Harcourt  s’expose au coeur de Paris en 70 portraits géants ! La griffe Harcourt  puise son inspiration dans les racines glamour du cinéma noir et blanc,  une empreinte qui s’inscrit dans l’intemporalité, un style entre mystère  et légende… L’art de la lumière et de la retouche, le sens du cadrage,  la mise en scène du sujet composent la signature Harcourt, héritage  vivant d’une longue lignée de photographes toujours à l’oeuvre. Du Forum  des images à l’UGC en passant par la place Carrée, la rue du Cinéma  accueille les portraits récents des figures marquantes du 7e art et ceux  des acteurs mythiques du cycle Paris vu par Hollywood. En partenariat avec Le Forum des Halles et le Studio Harcourt. Entrée libre 

 

  • EN JUIN...

> La Révolution française vue par Hollywood
mercredi 13 et jeudi 14 juin
Il  existe près d’une cinquantaine de films hollywoodiens sur la  Révolution, d’une Mort de Marie-Antoinette produite en 1904 à la  Marie-Antoinette tournée par Sofia Coppola en 2005. On y retrouve en  général une Bastille de carton-pâte, un château de Versailles  reconstitué à la manière d’un palais féerique, une rue populaire  d'autrefois” ressemblant à une cour des miracles et, évidemment, la  place où trône la guillotine. Les films hollywoodiens sur la Révolution  n’ont pas besoin de Paris, car ils se sont naturellement installés dans  une légende déjà écrite ou précédemment filmée : le mélodrame à la  manière des Deux Orphelines, le film de cape et d’épée à la Scaramouche, le biopic, le grand spectacle à costumes, voire la comédie loufoque (La Folle Histoire du monde de Mel Brooks)1.
1  - Voir article “La Révolution française vue par Hollywood” d’Antoine de  Baecque dans “Paris vu par Hollywood” (Éd. Flammarion, mai 2012) 

 

> Paris vs Hollywood
vendredi 15 et samedi 16 juin
L’histoire  des relations entre Paris et Hollywood ne se résume pas à la  fascination que la capitale française exerce sur le public américain.  C’est aussi une histoire de rivalité, économique, culturelle, voire…  narcissique. Cinq séances avec intervenants et quatre films pour  raconter ce “Paris vs Hollywood”. 

 

> Carte blanche à Patrick Brion
dimanche 17 juin
Patrick Brion, spécialiste du cinéma américain, créateur et animateur du “Cinéma de minuit”, présente Bel Ami d’Albert Lewin, Scaramouche de George Sidney et Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse de  Vincente Minnelli. Ces trois films témoignent bien évidemment de sa  prédilection pour ces réalisateurs (on peut citer également Richard  Brooks, Mankiewicz, Richard Thorpe, John Ford ou Hitchcock) et de sa  passion pour le studio MGM.  

 

> Rencontre exceptionnelle avec Stanley Donen
mercredi 20 juin
Le  dernier grand réalisateur de l’âge d’or hollywoodien, 88 ans, répond   aux questions de Marc Voinchet sur sa carrière. Cette discussion,  illustrée d’extraits, est l’occasion de revenir sur l’importance de   Paris dans certains de ses films.
Cette rencontre sera suivie par la projection de Charade en la présence de Stanley Donen. 

 

> Journée Claudette Colbert, “la Française de Hollywood”
mercredi 27 juin
Jean-Christophe  Ferrari, dans sa conférence “Acteurs, actrices : incarner Paris” 1,  analyse le type de la Parisienne, tel que Hollywood l’a magnifié. Il  s’est surtout incarné dans le corps et le visage de quatre actrices :  Claudette Colbert, Danielle Darrieux, Leslie Caron et Audrey Hepburn.  Oscar de la meilleure actrice en 1934 pour New York Miami de  Frank Capra, Claudette Colbert avait sept ans quand ses parents ont  émigré, en 1912, et toute sa carrière est américaine. Ernst Lubitsch,  Cecil B. DeMille, John Ford, Mitchell Leisen et surtout Capra lui ont  donné un destin de star hollywoodienne, liée à la Paramount.
1 -  Voir article “La Parisienne et le désir américain” de Jean-Christophe  Ferrari dans “Paris vu par Hollywood” (Éd. Flammarion, mai 2012) 

 

>Soirée George Sidney : de cape et d’épée
jeudi 28 juin
Sidney  débute sa carrière en 1937 par des comédies musicales. En 1948, son  destin artistique prend un nouveau virage lorsque la MGM lui propose la  mise en scène de The Three Musketters d’après Alexandre Dumas. Il  décide d’y appliquer la méthode “musical” et filme les duels comme des  scènes de ballet, dans lesquelles Gene Kelly excelle. Le film est un  énorme succès et son réalisateur fait désormais figure de spécialiste du  film de cape et d’épée ! La MGM lui propose bientôt un nouveau récit  d’aventure, ce sera Scaramouche. On y retrouve un héros virevoltant, incarné par Stewart Granger, évoluant dans une France prérévolutionnaire de pacotille. 

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