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Les thèmes du mois (octobre 2009)

La parole au pouvoir

Les jeux de parole et de pouvoir rythment la société démocratique et médiatique (Network), lors  des rivalités électorales (1974, une partie de campagne ; Flamme de mon amour), des rassemblements et ralliements autour d’un porte-parole (Lumumba) et dans les assemblées représentatives (Mr Smith au sénat). C’est aussi dans la rue que s’expriment les revendications oubliées et le refus du pouvoir (Chats perchés) et dans d’autres assemblées spontanées – grève générale de mai 68 (Grands soirs, petits matins) - que se réinvente la société et les luttes pour un autre partage du pouvoir (Le Dos au mur ; Les LIP, l’imagination au pouvoir).   

 

 

Au tribunal

La justice est un sujet de prédilection du cinéma notamment à Hollywood qui a fait du film de procès un genre à part entière. Les personnages du tribunal, des témoins (Témoins à charges) aux avocats (Madame porte la culotte), des accusés (Le sergent noir) aux jurés (Douze hommes en colère) confrontent leur parole devant la loi pour rendre justice à chacun. Se joue et se rejoue, selon les rituels de la procédure, toute une dramaturgie de l’éloquence et de la vérité que le cinéma documentaire approche et montre, avec une autre distance, depuis les coulisses (Muriel Leferle) ou devant la justice en train de se faire (Juvenile Court).  

 

 

 

La voix du peuple

Entre nuit et jour (Les Mains négatives), au petit matin, Jacques Krier rencontre les femmes de ménages qui nettoient les bureaux de la capitale (Les Matinales). Nicolas Klotz filme les sans papiers à Roissy (La Blessure) et Pedro Costa suit Vanda dans un quartier pauvre de Lisbonne. Autant de chemins vers le silence d’où surgit la voix du peuple, à ses heures, en ses lieux et avec sa mémoire vivante parlée par les habitants d’aujourd’hui (La Commune).   

 

 

 

L’aveu

Mensonge ou vérité ? Avouer la vérité de sa pensée, de ses pratiques et de ses actes est une exigence sociale, sur laquelle repose la sécurité et la justice (Moi, Pierre Rivière …), la santé et la thérapie psychanalytique - la « talking cure » inventée par Freud - (La maison du Dr Edwards) et plus généralement l’usage commun de la parole, ses mœurs (Chaînes conjugales) et ses tabous (Festen).   

 

 

 

La parole enfermée

A l’écart de la société vivent dans l’isolement les prisonniers qui purgent leur peine (9m2 pour deux), certains malades (La Maison est noire ; L’Ordre) et fous (La Moindre des choses ; La Toile d’araignée). Invisibles, ils sont aussi isolés du concert des voix de la société : comment le cinéma franchit-il la frontière de l’isolement, et les écoute-t-il pour qu’ils prennent la parole ?   

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