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Le chant
Quand le cinéma devient parlant, il le devient en chantant. Avec Le Chanteur de jazz, l’un des tout premiers films parlés et chantés, le passage du silence à la parole se raconte par l’histoire d’un chanteur, comme dans Chantons sous la pluie, quand le musical américain désormais codifié (danses et chants de bonheur) célèbre avec force et brio la naissance du cinéma parlant. En Inde, la comédie musicale devient aussi un genre incontournable et très populaire avec des mélodrames dansés où le chant est d’abord celui du coeur (L’Assoiffé). En France, ces comédies sont rares mais il y a les chansons, dès les années 30 (L’Atalante), et les films parlés-chantés de Jacques Demy qui font sonner les dialogues et les sentiments (Les Parapluies de Cherbourg).
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Les ritournelles d’Abdellatif Kechiche
Avec L’Esquive, Abdellatif Kechiche met en scène une danse de dialogues bondissant d’une langue à l’autre, de la verve de la jeunesse métropolitaine à la prose de Marivaux. C’est aussi une ritournelle de paroles qui, encore plus singulièrement dans La Graine et le mulet, se rejoue dans chaque scène. Comme si, pour se faire entendre, les personnages de Kechiche devaient entonner un refrain.
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La parole en silence
Prendre la parole silencieusement pour mieux se faire entendre, comme les deux enfants de Bonjour bien décidés à convaincre leurs parents par une grève des mots. Filmée par Nicolas Philibert, la parole s’échange dans une autre langue – grammaire de signes – et l’articulation codée de gestes prend le relais des mots que l’on n’entend pas (Le Pays des sourds). Et pour s’adresser à tous, sur un continent aux nombreuses langues, le cinéaste africain transpose sans dialogues, ou presque, les fables autrefois scandées par les griots : la parole héritée devient une narration visuelle d’images silencieuses (Waati, Yeelen).
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Le mot pour rire
Si le burlesque est d’abord fait de gags visuels souvent désopilants, la comédie est bel et bien toute en paroles, jeux de mots et stylisations comiques des dialogues : vitesse drolatique des échanges dans les screwball comedies – véritable ping-pong de paroles (La Dame du vendredi) –, excès de mots débordants jusqu’à la satire générale dans les comédies italiennes ou nonsense célébrant une parole avant tout chaotique, loufoque et noire dans les comédies anglaises (Noblesse oblige), sans oublier la gouaille fière, franche et argotique des comiques français (Les Tontons flingueurs).
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