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L’art du conte
Du conte, le cinéma hérite des images (soirée “Conteurs d’images” avec Abbi Patrix) et des fables (Le Cheval venu de la mer) qu’il raconte et colporte à son tour. La variation et l’enrichissement des récits propres à la tradition orale (Les Baliseurs du désert) se poursuivent en cinéma par des adaptations (Le Voleur de Bagdad) et des remakes (Les Trois Couronnes du matelot) qui traduisent à l’écran la parole des contes traditionnels. La transmission culturelle, la filiation et l’éducation par la fable (Big Fish) se rejouent en cinéma comme se rejoue après le film, en parole et entre spectateurs, la projection partagée.
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La voix
La fiction n’a jamais cessé de se réinventer par des récits racontés en voix off, logée au centre de l’écran. Dès les années 30, Fritz Lang explore toutes les possibilités d’association de parole et d’images en attribuant une seule et même voix aux différents corps du Dr Mabuse (Le Testament du Dr Mabuse). Omniprésente, la voix off du narrateur – Welles apparaissant devant un micro à la fin de la Splendeur des Amberson ou Guitry assis à la terrasse d’un café racontant Le Roman d’un tricheur – habite et porte le film tout entier. Avec India Song, Marguerite Duras met en scène quatre voix extérieures au récit*, voix du souvenir de l’histoire que le spectateur est invité à se raconter. *Préface à “India Song”, Marguerite Duras (Éd. Gallimard, 1972)
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Du théâtre au cinéma
Au cinéma, les métamorphoses de situations théâtrales existent dès les films muets, particulièrement chez les auteurs burlesques, de Linder à Chaplin, grands héritiers de la tradition de la farce. Elles se poursuivent avec le parlant quand le cinéma détient enfin les moyens de respecter le texte parlé d’une pièce et de souligner – gros plan, montage – les structures théâtrales*. Le théâtre, son drame, son âme, la force du texte classique (Othon, Macbeth) ou contemporain – de Guitry à Pagnol, de Cocteau à Duras – est mis en scène par les moyens du cinéma au service de la parole dramatique et théâtrale (Quadrille, La Femme du boulanger, Des journées entières dans les arbres). *André Bazin, Théâtre et cinémas, 1951, Esprit, in Qu’est-ce que le cinéma ? (Éd. Le Cerf, 1985)
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Les dialogues d’Éric Rohmer
“[Le commentaire off et les dialogues] sont des choses que je fi lme, au même titre que les paysages, les visages, les démarches, les gestes”, écrit Éric Rohmer, dont les personnages comptent pourtant parmi les plus volubiles du cinéma français. Six films du cinéaste, de Ma nuit chez Maud à Triple agent, sont programmés sur grand écran entre décembre et janvier. L’oeuvre de Rohmer est également visionnable sur écrans individuels en Salle des collections.
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