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    "Madame de" de Max Ophuls
    © Christophel
    "Madame de" de Max Ophuls

    Cinéma ville - février 2014

    Romance à Paris

    Paris, ville lumière, ville cinéma, a inspiré des milliers de films. Autour d’un réalisateur, d’un acteur, d’un quartier, d’une époque ou d’un thème, CinéMa ville propose chaque mois une exploration de ce qui palpite dans la cité.

    En ce mois de la Saint-Valentin, célébrons Paris, perçu dans le monde entier comme le cadre des romances par excellence. Mais sortons un peu des sentiers battus et autres poncifs rattachés à la Ville lumière. Car, loin d’être une carte postale rose bonbon, Paris a toujours su décliner la fameuse expression « situation amoureuse : c’est compliqué », si prisée dans les réseaux sociaux de nos jours.

    L’amour c’est gai, l’amour c’est triste (1968), ce très beau film de Jean-Daniel Pollet marie, avec finesse, comique burlesque et douce note mélancolique. Et il le dit bien à travers la présence poétique et bouleversante de Claude Melki et de Bernadette  Laffont : en amour, on est traversé par des émotions équivoques, contradictoires parfois, et personne n’a le mode d’emploi. Mais alors Comment font les gens ? (1992) demande la cinéaste Pascale Bailly dans une comédie acidulée où Sandrine Kiberlain est en proie à de cocasses dilemmes sentimentaux. À croire que la règle, c’est La Confusion des genres d’Ilan Duran Cohen (2000), où Pascal Greggory, savoureux en amant irrésolu et irrésistible, ne sait pas ce qu’il veut : les hommes ou les femmes, le mariage ou le célibat. Autre délicieuse figure d’inconstance, la virevoltante Danielle Darrieux incarne, dans Madame de… (Max Ophuls, 1953), une épouse frivole qui aime et se consume à la fois, comme un papillon valsant autour de la lumière. On peut se détruire à petit feu aussi comme le montre Le Chat (1971), où deux immenses acteurs, Simone Signoret et Jean Gabin, s’affrontent en mari et femme dans un drame conjugal où il n’y pas que de l’amour, mais de la haine. Parfois pourtant, le bonheur est simple et réside dans des choses très quotidiennes. Dans Ceci est une pipe (1999), un film « entièrement fabriqué à la maison », Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic mettent en scène leur vie de couple. Dans la domesticité la plus commune, le home movie se conjugue avec érotisme et l’intimité confine alors à la grâce.