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Paris bouge-t-il ?
| L'évolution de Paris est sans conteste
liée à l'histoire du pays et aux hommes qui l'ont rêvée par leurs projets,
leurs idées et leur conception du monde urbain. De la cité gallo-romaine aux
Grands Travaux des années quatre-vingt, il y a une continuité faite de progrès
et de périodes de stagnation.
Le documentaire
Paris bouge-t-il
? (1989) présente les grandes mutations qui ont
donné à Paris son visage actuel. Car, depuis des siècles, le tissu urbain de la
capitale n'a cessé de bouger. De très nombreux films en rendront compte tout au
long de ce parcours à travers l'histoire architecturale et urbaine de
Paris.
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| | De l'architecte à l'urbaniste |
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| | | L'architecture a été pour les souverains un moyen d'asseoir leur
autorité. La centralisation du pouvoir en un lieu, château ou palais, démontre
bien cette volonté d'affirmer de l'extérieur une influence et une légitimité.
Dans un premier temps, la ville doit montrer, impressionner, engendrer la
crainte et le respect. On construit alors des enceintes, des forteresses,
également un palais somptueux et des églises flamboyantes. Les gouvernants,
pour démontrer l'ampleur de leur pouvoir, chercheront ensuite à parer la ville
de somptuosités. Comment comprendre Versailles sans s'attarder sur la
personnalité de Louis XIV ? Souvent, derrière chaque monument, se cache en
effet un homme avec une volonté, des idéaux et des ambitions...
L'urbanisme, conception plus moderne de la cité, envisage plutôt
l'évolution du tissu urbain dans sa complexité. Il ne s'agit plus seulement
d'une architecture d'apparat, mais d'intégrer les habitants à l'espace urbain,
afin de l'améliorer et de le rendre plus agréable. L'équipement et
l'aménagement deviennent des priorités. On ne se contente plus de parer la
ville, on veut la rendre habitable et confortable.
Dans
Dédale (1993),
Gisèle et Luc Meichler s'interrogent sur ce vers quoi tendent ces deux
disciplines, l'architecture et l'urbanisme. A travers l'utilisation de nombreux
extraits de films mythiques, présentant une vision fantastique de la ville et
alternant avec des images d'éléments urbains contemporains, les réalisateurs
s'interrogent sur l'avenir des villes.
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Sur les toits de Paris
| Dès sa création, le Forum des images a
souhaité capter l'histoire et l'évolution architecturale et urbaine de Paris en
produisant ou coproduisant des films très éclectiques. Un suivi des grands
chantiers a ainsi été entrepris dès 1982.Depuis, le Forum des images filme les
transformations du paysage parisien, aussi bien les grands travaux menés par
l'Etat que l'évolution des différents quartiers.A côté de ces films, des
documents destinés à un public plus spécialisé sont réalisés dans le cadre de
la série Dossiers
audiovisuels.
Des
Jardins de la
licorne (2002) à
Sur les toits de
Paris (2002), les films produits par le Forum des
images proposent autant d'occasions de découvrir les grands chantiers de la
capitale, ainsi que le quotidien de ses habitants ou des lieux insolites.
Plusieurs films cités dans ce parcours thématique font partie de cette mémoire
audiovisuelle de Paris que le Forum des images constitue depuis plus de vingt
ans.
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Les thermes du musée de Cluny
| C'est vers -250 avant Jésus Christ que
tout a commencé : les Parisii, peuple gaulois, s'installent sur les bords de la
Seine. Leur ville, qui prend le nom de Lutèce, devient rapidement un centre
commercial stratégique, la proximité avec le fleuve facilitant les échanges
avec le reste du territoire. En 52 avant J.-C., Labienus, général de César,
s'en empare : l'influence gallo-romaine va alors bouleverser son aspect. C'est
l'époque des premiers tracés et des premiers projets d'architecture. Parmi les
plus importantes constructions, celle des thermes de Cluny que l'on peut
observer dans le documentaire de Marcel Boudou
Les thermes du musée de
Cluny (1985).
L'eau est le moteur
essentiel de ces multiples projets : aqueducs et ponts sont construits pour
faciliter le transport des marchandises et l'alimentation en eau des habitants.
Z'aqueducs
(1986) retrace la découverte de l'un d'eux, à l'occasion de travaux
d'aménagement du quartier Denfert Montsouris.
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| | | Le royaume des premiers
Capétiens |
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| | | En 508, Clovis choisit Lutèce comme "siège
de son royaume". Les Mérovingiens n'ont alors qu'une ambition :
transformer la ville en capitale. C'est ainsi que Lutèce deviendra Paris, le
sanctuaire du royaume mérovingien. Peu de vestiges de cette époque sont encore
visibles. Chaque découverte est donc un grand moment, suivi de près par les
archéologues. La voix de Michael Lonsdale retrace l'édifiante histoire d'une de
ces découvertes, celle d'une nécropole située sous l'actuelle place Baudoyer
(Concessions à
perpétuité, 1997).
Pendant le règne
des Carolingiens, c'est surtout l'île de la Cité qui va se développer,
puisqu'elle abrite le palais des rois. Des édifices religieux, notamment les
abbayes de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain-des-Prés, sont également
construits : ils constituent le principal tissu urbain de la ville.
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| | | Paris à la fin du Moyen Age : une ville
riche |
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Les enceintes de Paris
| Le Paris de Philippe Auguste au XIIe
siècle est un Paris transformé et sécurisé. Le roi demande aux bourgeois de la
ville de construire une nouvelle enceinte afin de protéger la rive droite,
projet qui est décrit dans le documentaire de Michèle Pâtre
Les enceintes de
Paris (1984). Le plus important vestige de cette
courtine est un tronçon longeant la rue des jardins Saint-Paul. D'importants
bourgs se retrouvent alors à l'extérieur des fortifications, comme Saint-Marcel
et Saint-Victor situés sur sur la rive gauche.
Le palais de la
Cité sera ensuite embelli par Saint Louis et Philippe le Bel, dont les règnes
marquent l'apogée de l'art gothique. S'il est bien une image représentative de
cette période, c'est celle de la cathédrale, personnage principal du film de
Jean Delannoy de 1956, Notre-Dame de
Paris, adapté du célèbre roman de Victor Hugo.
Georges Franju l'a également filmée sous toutes ses coutures (Notre-Dame cathédrale de
Paris, 1956), tandis que Marcel Boudou s'est
intéressé à sa crypte archéologique (Mémoire
insulaire, 1984).
Paris à la fin du
Moyen Age est une capitale riche, à tous points de vue. Economiquement, elle
est un port à la position stratégique enviable ; intellectuellement, elle est
reconnue pour l'efficacité de ses universités. Elle est surtout une ville au
patrimoine architectural immense : églises, palais, tours et donjons, autant de
richesses urbaines qui la distinguent de beaucoup de capitales du monde
occidental.
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| | | La fin de
la guerre de Cent Ans redonne à Paris un rôle de premier plan. Les Valois
croient en l'urbanisme et à ses effets positifs sur la politique. Paris est
embelli à l'ouest : des faubourgs sont percés et la ville intra-muros se
densifie. On doit aussi aux Valois le début de la construction du Pont-Neuf en
1578. Jack Sanger revient sur l'histoire du plus vieux pont de Paris dans
Autour du
Pont-Neuf (1965).
Le Louvre devient
le centre symbolique du pouvoir, grâce à ses bâtiments monumentaux et à son
implantation. Son histoire est détaillée, une nouvelle fois par Jack Sanger,
dans Le palais du
Louvre (1971). Dans
La reine
Margot (1994), Patrice Chéreau a mis en scène ce
formidable palais, à un moment où la ville s'apprête à vivre une des parties
les plus sombres de son histoire.
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| | | Henri IV :
l'architecture comme une parure |
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| | | Henri IV, surnommé le
Vert-Galant, conçoit l'architecture comme une parure, symbole de sa puissance.
Différentes places sont construites sous son règne, notamment la place Royale,
appelée aujourd'hui place des Vosges (La place des
Vosges, 1965). L'usage de la pierre de taille et
de la brique pour les murs donnent à cette architecture Renaissance un style
noble et sobre. Le Louvre et les Tuileries sont embellis, augmentant le
contraste entre l'ouest et l'est parisiens.
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| | | Des projets royaux pour
Paris |
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Entre rue et jardin
| On peut considérer que Louis XIII
continue les travaux de son prédecesseur. La priorité est donnée aux projets
d'utilité publique nécessaires à la ville au XVIIe siècle. La construction de
plusieurs ponts (ponts Marie et de la Tournelle) et de berges renouvellent les
alentours de la Seine. Les pères Martellange et Derand proposent les plans de
l'église de la Sorbonne et du Val-de-Grâce, dont le dôme s'inspire de
Saint-Pierre de Rome. Le Marais, assaini par une politique de grands travaux et
doté de nouveaux hôtels particuliers, connaît son apogée au XVIIe siècle. On
note également une nette implication de la politique dans l'architecture :
Sully, surintendant des Finances, aménage l'Arsenal de façon princière.
Le Paris de Louis XIII est reconstitué avec force décors dans plusieurs
films de cape et d'épée, notamment
Les trois
mousquetaires d'André Hunebelle (1953) et
Cyrano et
d'Artagnan d'Abel Gance. Plus didactique, le
documentaire Entre rue et
jardin (1985) propose un panorama de l'évolution
architecturale des habitations urbaines du XVe au XVIIe siècles.
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| | Le roi Soleil : le classicisme à la
française |
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| | | De grands projets pour Paris |
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| | | La
conscience de la ville comme organisme réglé et ordonné s'affirme à partir du
règne de Louis XIV. Les multiples guerres qu'a connues le royaume ont repoussé
le danger aux frontières. Paris est une ville libérée et ouverte. En 1671, est
créée l'Académie d'architecture qui définit précisément le goût français : une
architecture de plus en plus sévère, s'exprimant par la simplicité des façades
et la symétrie des proportions.
Les principaux aménagements de
Paris se situent au Louvre, aux Invalides, à la manufacture des Gobelins et
place Vendôme, dont l'histoire est détaillée par Jack Sanger (La
place Vendôme, 1965). Le dôme des Invalides,
débuté par Libéral Bruant, est achevé par Jules Hardouin-Mansart, célèbre
architecte à qui le documentaire d'André Gillet
Hardouin
Mansart (1953) est consacré. Malgré l'absence du
roi, son intendant Colbert continue à nourrir de grands projets pour la ville
marqués par la lutte contre l'insalubrité : on élargit des rues et construit
des fontaines et des quais.
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Le roi Soleil
| Le goût architectural de cette époque est
incarné par le château de Versailles. Au départ, le château était un simple
lieu de rendez-vous de chasse qu'avait fait construire Louis XIII. Son fils
Louis XIV en fera une demeure gigantesque, qui deviendra une source
d'inspiration à l'étranger. En 1668, l'impulsion est donnée, lorsque Le Nôtre
redessine le parc et que Le Vau commence la construction monumentale du
château. La décoration est confiée au célèbre Le Brun, qui commande notamment
les vingt-quatre statues devant orner le parc. Satisfait d'une telle
somptuosité, le roi décide de s'y installer définitivement, suivi de sa cour
dès la fin du siècle.
Dans sa conception d'ensemble, Versailles
reflète le désir du souverain, comme l'évoque
Le pouvoir et la
pierre (1990). Jamais encore un roi ne s'était
investi de cette manière dans une politique d'urbanisme et dans ce souci
constant de grandeur et de somptuosité. L'architecture joue un rôle politique
de première portée : elle est destinée à démontrer le pouvoir de la monarchie
absolue de droit divin, incarnée par le symbole solaire. Plusieurs films
rappellent cette époque de grandeur et d'excès, notamment
Le roi Soleil
(1958) de Jean Vidal, Prix spécial du jury au Festival de Venise,
La vie au temps du roi
Soleil (1980) d'Olivier Gérard et le grinçant
Si Versailles m'était
conté (1953) de Sacha
Guitry.
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| | La Régence : une œuvre
timide |
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| | | Paris redevient la capitale |
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| | | Paris
redevient la capitale du royaume à la mort de Louis XIV en 1715. La cour quitte
Versailles pour rejoindre les Tuileries, réaménagées pour la venue du nouveau
roi, Louis XV, alors âgé de cinq ans. Le duc d'Orléans est investi de la
régence et prend les commandes de la capitale, bien décidé à donner à Paris une
revanche sur Versailles. Cependant, même si de nombreux projets d'aménagement
et d'urbanisation sont prévus, ils ne restent qu'à un stade de conception. Le
centre médiéval de la ville, que l'on peut distinguer dans les décors du film
Cartouche
(1962) de Philippe de Broca, demeure inchangé : la monarchie n'a ni l'envie ni
les moyens de se lancer dans un projet de restauration des
lieux.
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L'œuvre urbanistique de la Régence est donc finalement assez pauvre. Il s'agit
essentiellement de réaménagements et de restaurations ponctuelles, sans grande
implication du roi. Les rues restent sales et tortueuses, même si un quartier
comme le Marais est fréquenté par la haute bourgeoisie et la noblesse. C'est
d'ailleurs dans ce quartier que vit le fiéleux Gonzague, interprété avec brio
par Fabrice Luchini dans Le bossu
(1997).
La plus grande transformation de Paris est due aux
initiatives privées. En effet, Paris étend son parc immobilier, du fait de
l'installation progressive des bourgeois au cœur de la ville, et l'habitat se
transforme. Les immeubles à plusieurs étages se multiplient et donnent à Paris
un visage plus moderne et raisonné, correspondant parfaitement aux idées des
Lumières.
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| | | Un goût pour le monumental |
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| | | On considère
généralement que l'architecture de Paris a peu évolué sous les règnes de Louis
XV et de Louis XVI. Ce sont surtout les autres villes du royaume qui ont connu
un nouveau souffle, notamment les ports de l'Atlantique comme Nantes et
Bordeaux. Cependant, malgré l'importance des problèmes financiers, les projets
ne font aucunement défaut. Le XVIIIe siècle en France sera celui d'une nouvelle
architecture publique et monumentale, marquée par les idées de progrès et de
modernité des grands philosophes des Lumières.
L'évolution
architecturale est dominée par le style Louis XV jusqu'aux années 1770. On doit
à l'architecte Ange-Jacques Gabriel la réalisation d'une des plus belles places
de Paris, où se trouve aujourd'hui la Concorde. Bordée de deux palais, elle
incarne fidèlement le goût monumental de l'époque. Autre réalisation, et non
des moindres, le réaménagement à partir de 1763 des Champs-Elysées et la
construction de la célèbre Ecole militaire, racontée par Jack Sanger dans un
des numéros de ses Histoires
de Paris (L'Ecole militaire, 1967).
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| | | L'apogée du style néoclassique |
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L'architecte maudit
| Sur la rive gauche notamment,
l'implication de l'Etat est plus évidente. De nombreuses églises sont
construites, manifestant un retour à l'art grec, comme en témoignent l'œuvre de
Germain Soufflot à Sainte-Geneviève (1764) et le théâtre de l'Odéon, né des
idées de Joseph Peyre et Charles de Wailly en 1770. Les hôtels particuliers
participent également de cette évolution et marquent l'apogée du style
néoclassique comme l'hôtel de Jarnac, rue Monsieur, élevé en 1784. Un des plus
grands bâtisseurs d'hôtels particuliers fut Claude Nicolas Ledoux, dont Pierre
Kast dresse le portrait dans L'architecte
maudit (1953).
Le règne de Louis XV
présente un style harmonieux et rigoureux, qui ne concerne toutefois qu'une
partie infime de la capitale. Le vieux centre est à l'agonie et montre un
visage de plus en plus décrépi.
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| | | Une capitale à deux vitesses |
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Les deux orphelines
| Louis XVI hérite en 1774 d'une capitale
qui fonctionne à deux vitesses. D'un côté le Paris grandiose incarné par la
somptuosité des monuments et le goût architectural de l'époque, et de l'autre
le Paris populaire qui aurait besoin d'être rénové, décor du film de Maurice
Tourneur Les deux
orphelines (1932). Les problèmes édilitaires et
sanitaires, auxquels la monarchie n'apportera que peu de réponses faute de
moyens financiers, s'accumulent. On détruit les maisons sur les ponts pour
faciliter les transports mais on se résoudra à construire qu'un nouveau pont,
équipement dont manque cruellement la capitale. Par ailleurs, l'insalubrité de
la ville et sa saleté ne peuvent être évincées car la surpopulation et la
rareté des rues et des égoûts empêchent tout projet novateur.
De
grandes réalisations toujours marquées par l'influence antique, telles que
l'Ecole de chirurgie en 1775, sont toutefois accomplies. L'urbanisme entre
progressivement dans le débat public, monopolisé par les écrivains et les
architectes multipliant projets et innovations. Louis XVI semble tourné vers
d'autres priorités, accaparé par les difficultés financières de l'Etat. Il
réside à Versailles, ce qui le coupe de la réalité parisienne, une des causes
certaines des prochains événements. Cette ignorance des difficultés du peuple
est notamment évoquée par Patrice Leconte dans
Ridicule
(1996) où la cour résidant à Versailles est plus préoccupée par les jeux de
mots que par la misère environnante.
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| | | La ville aux
mains des révolutionnaires |
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| | | Les événements révolutionnaires
redonnent à Paris le rôle de capitale politique qui était détenu de nouveau par
Versailles. Investi par les assemblées révolutionnaires, Paris semble en effet
revivre après la chute de l'Ancien Régime, malgré les nombreuses destructions
qui l'ont affecté. Si des édifices sont rayés de la carte (notamment les
couvents de Saint-Germain-des-Prés et des Cordeliers), d'autres lieux entrent
sur le devant de la scène, comme le café Le Procope, qui se trouve encore aujourd'hui rue de
l'Ancienne-Comédie.
Les révolutionnaires n'ont presque pas
construit à Paris, excepté le chantier destiné à faire de l'église
Sainte-Geneviève le "Panthéon" français consacré à la
mémoire des grands hommes qui auront servi la patrie. Des projets naissent
pourtant des idées des intellectuels patriotes, comme le "Plan des
artistes" de 1796. L'administration est accaparée par les luttes
intestines et le danger soulevé par les souverains étrangers : aucune
réalisation concrète ne verra finalement le jour.
Plusieurs films
restitue l'ambiance de cette époque. Dans
Valmy
(1967), Jean Chérasse et Abel Gance retrace les événements de la Révolution, à
partir de lieux emblématiques comme la Bastille, les Tuileries ou le Procope.
Très différent dans sa forme et dans son fond,
L'Anglaise et le
duc (2001) d'Eric Rohmer relate également de
manière remarquable le Paris de l'époque en faisant évoluer les personnages sur
fond de toiles peintes.
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| | Napoléon
Bonaparte : l'urbaniste de la ville |
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| | | Un nouveau souffle
pour la capitale |
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| | | Paris connaît un nouveau souffle lorsque
Napoléon Bonaparte s'empare du pouvoir le 9 novembre 1799, événement sur lequel
revient rapidement Sacha Guitry dans
Napoléon (1954).
L'empereur envisage la capitale à la hauteur de son pouvoir et de l'étendue de
son empire, il la conçoit comme une nouvelle Rome ou une nouvelle Athènes. Ses
deux conseillers, Jean-Antoine Chaptal et Pierre Fontaine, réenvisagent la
ville sous de nouveaux angles.
L'ampleur de l'œuvre architecturale
du Premier Empire est évidente, même si des guerres ruineuses n'ont pas permis
d'achever tous les projets nés à l'époque. Parmi les plus importantes
réalisations, la rue de Rivoli se distingue par son originalité et son
innovation. Aménagée d'abord jusqu'au Palais Royal, cette promenade urbaine
inspirée du goût anglais sera ouverte ensuite sur les Tuileries.
Le célèbre feuilleton Vidocq (1967)
plonge le spectateur dans le Paris de cette époque, restituant en particulier
l'ambiance des quartiers populaires.
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| | | Les progrès
de l'équipement |
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| | | Les principales transformations de la capitale
résident dans des réalisations d'ordre pratique, prenant le pas sur l'urbanisme
d'apparat. Des marchés (Saint-Germain, Blancs-Manteaux et les Halles), des
abattoirs et, enfin, des égouts longs de dix kilomètres sont construits. Le
Père-Lachaise, Montmartre et Montparnasse, les trois grands cimetières créés à
la Révolution, sont aménagés.
La circulation est améliorée grâce
à de nouveaux ponts, notamment la passerelle des Arts, première construction
métallique réalisée en 1803. Sur le plan de l'approvisionnement en eau, de
grandes fontaines publiques sont érigées (Châtelet) et le canal de l'Ourcq est
percé : autant de projets salvateurs pour la ville expliqués par Jack Sanger
dans Fontaines et
bassins (1973) et par Claude Girard et Ronan Harel
dans Au fil de
l'Ourcq (1994).
Paris,
"première capitale de l'univers" selon Napoléon, montre
un visage orgueilleux au début du XIXe siècle. La chute de l'Empire en 1814 lui
donnera une nouvelle apparence.
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| | Paris
surpeuplé et insalubre |
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| | | Dans la première moitié du XIXe
siècle, Paris apparaît comme une ville au réseau urbain dense et confus, sans
véritable structure. Les Parisiens s'indignent des embarras de la ville, de
l'étroitesse de sa chaussée et de l'insalubrité de certains quartiers centraux.
Balzac compare la capitale à un "cloaque" et à un
"bourbier", les médecins dénoncent le manque d'hygiène
et ses conséquences désastreuses sur la santé des habitants. Dans le cadre de
l'émission Cent ans de vie sociale à
Paris, Philippe Prince propose un tableau de la
vie à cette époque, intitulé Paris au temps de
Balzac (1978).
Du fait du pouvoir
d'attraction exercé par la capitale, la population a plus que doublé dans les
premières années du siècle. Paris est une ville industrieuse, elle embauche.
Des ouvriers viennent de toute la France pour trouver du travail. Les premières
vagues d'immigration se font sentir. Dans les années 1840, il est déjà
difficile de cerner les limites de certains quartiers de Paris. Dès lors,
s'annonce l'annexion de la banlieue proche qui, en 1860, entraînera un
agrandissement considérable de la capitale.
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| | | Des
réponses timides aux multiples problèmes |
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Les misérables
| Les pouvoirs publics sous la Restauration
(Louis XVIII et Charles X) et la Monarchie de Juillet (Louis-Philippe) tentent
partiellement de trouver des réponses à ces multiples problèmes. Dès le début
du siècle, le préfet Volvic de Chabrol s'attache à doter la capitale de
trottoirs. L'administration préfectorale tente également de mettre en place une
politique d'assainissement, notamment en prolongeant les égouts. Victor Hugo a
fait de ces égouts un véritable personnage de son fameux roman fleuve,
qu'adaptera notamment Raymond Bernard en 1933 (Les
misérables). La poursuite dans les égouts, la
reconstitution des barricades : tout est là pour faire revivre le Paris du XIXe
siècle.
Dans un même souci urbanistique, la hauteur des maisons
est réglementée et on impose aux architectes d'obtenir une autorisation avant
de se lancer dans de nouveaux projets. Ces mesures sont complétées par des
obligations touchant la voie publique : on interdit aux Parisiens de déposer
des ordures ou des objets sur les trottoirs, de sorte à faciliter le passage
des piétons.
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Passages
| Si certains projets paraissent bien
timides, ils annoncent et préparent l'œuvre haussmanienne. Des passages
couverts sont construits dans les quartiers les plus vivants de la capitale, à
l'instar de la galerie Colbert ouverte en 1826. Les décorations de ces
galeries, longuementfilmées dans
Passages
(1980), rappellent encore aujourd'hui l'apogée de ces passages couverts au XIXe
siècle.
C'est surtout à l'ouest et au nord de la capitale qu'ont
lieu les plus importantes transformations. L'administration perce des rues,
crée des places et construit des bâtiments à usage privatif ou public. Ainsi
naissent les quartiers Poissonnière et Saint-Georges au nord et, plus à
l'ouest, la Nouvelle-Athènes et le quartier François-Ier. Le préfet Rambuteau
s'active à élargir deux grands axes de la capitale : le boulevard de la
Bastille et celui de la Madeleine. Une artère conséquente, qui deviendra la rue
Rambuteau, est également percée dans le Marais.
C'est à cette
époque, vers 1830, que naît l'amour de Garance et du mime Deburau dans les
décors du boulevard du Temple, reconstitué avec une grande grâce par Alexandre
Trauner dans Les enfants du
paradis (1945).
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| | | Le "ministre" de la
ville |
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| | | Nommé préfet de la Seine en 1853, le baron Georges-Eugène
Haussmann travaillera au service du Second Empire et de Napoléon III pendant
dix-sept ans. Tout au long de ces années, Haussmann suit les désirs et les
instructions d'un empereur marqué par un exil à Londres, tout en conservant son
attachement personnel à certaines valeurs comme l'ordre, la cohérence et la
simplicité esthétique. Il tente d'apporter des solutions aux problèmes causés
depuis longtemps par l'insalubrité, la surpopulation et les soulèvements
populaires. On comprend donc que les quartiers aux multiples rues, là où
d'ailleurs pullullent les barricades, sont visés par ses idées
urbanistiques.
Roland-Bernard retrace la carrière de ce
"ministre" de la ville dans
Le baron
Haussmann (1970), tandis que Jean Douchet présente
plus spécifiquement les aménagements qu'il a effectués à l'aide de peintures,
de gravures et de plans de l'époque dans
Haussmann et
l'haussmanisation (1986).
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| | | Un nouveau visage pour Paris |
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Paris, roman d'une ville
| Dans un premier temps, le préfet
s'attache à développer le réseau urbain de la ville : il fait percer des
avenues et des boulevards pour faciliter la circulation dans la ville et autour
des gares. Il cherche aussi à faire respirer une ville encombrée, en aménageant
notamment les bois de Vincennes et de Boulogne. L'habitat est transformé par
l'apparition de bâtiments de facture typiquement
"haussmanienne", qui se caractérisent par leur
soubassement, leur porte cochère et leur premier étage avec un balcon.
Une grande importance est également donnée au confort de la ville. Le
mobilier urbain se développe sous la forme de lampadaires, de fontaines et de
bancs publics. D'un point de vue plus concret, une des œuvres les plus
importantes du préfet reste l'alimentation de Paris en eau de source. La
construction d'aqueducs de dérivation, de réservoirs d'eau et de canalisations
en sous-sol (égouts, conduites d'eau et de gaz) permettent de tripler la
capacité d'approvisionnement. Evidemment moins apparentes que les œuvres en
surface, ces réalisations sont pourtant la marque d'un pas définitif vers la
modernité.
Paris, modelée par les mains d'Haussmann, devient ainsi
une ville moderne, embellie et admirée. Ce nouveau visage de la capitale est
visible dans Paris au temps de Zola
1851-1878 (1978), deuxième épisode de l'émission
Cent ans de vie sociale à
Paris, ainsi que dans
Paris, roman d'une
ville (1991), qui pose un regard inhabituel sur
l'architecture et l'urbanisme de la capitale.
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| | | L'œuvre du baron Haussmann est à
l'époque, et est encore aujourd'hui, controversée. Beaucoup dénoncent
l'énormité des dépenses et surtout la répression policière se dessinant
derrière ces travaux, empêchant dans une certaine mesure toute organisation de
rebellion. En effet, l'installation de casernes et de boulevards gênent
l'édification de barricades. On reproche enfin au baron sa radicalité, ses
goûts esthétiques, d'avoir ôté à la capitale une partie de son histoire et de
lui avoir donné une apparence froide et inhumaine.
L'œuvre
haussmanienne a également suscité beaucoup d'admiration et d'éloges : Paris,
vingt ans après le début des travaux, apparaît comme une ville transformée,
modernisée, étincelante et luxueuse. Elle préfigure son apogée, symbolisée par
la richesse et le succès de l'exposition universelle de 1900.
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| | Paris à la fin du XIXe siècle |
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La semaine sanglante
| Paris, dont la rive gauche a été
partiellement bombardée en 1870 par les Prussiens, connaît un nouvel affront :
en mars 1871, la
Commune, opposant le gouvernement
siégeant à Versailles aux Parisiens refusant de capituler contre les Prussiens,
est déclenchée. De très nombreux bâtiments sont incendiés, dont l'Hôtel de
ville et surtout le palais des Tuileries qui, réduit en cendres, sera
finalement rasé. La semaine
sanglante (1976) de Joël Farges montre ce Paris en
ruine, où le sang coule et les cadavres s'amoncellent.
A la fin du
mois de mai 1871, la paix et l'ordre règnent à nouveau dans la capitale. La
ville doit maintenant panser ses plaies.
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| | | Une
renaissance spectaculaire |
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| | | Paris parvient assez rapidement à se
relever de ses ruines. La ville expie les "péchés de la
Commune" en lançant le chantier de la basilique du Sacré-Cœur,
monument mythique de Montmartre surlequel revient Jack Sanger (Le
Sacré-Cœur, 1967). Si la plupart des projets
haussmaniens lancés vingt ans plus tôt sont réalisés, certains restent encore à
terminer. Dès 1878, la nouvelle exposition universelle permet l'achèvement du
boulevard Saint-Germain et de l'avenue de l'Opéra.
La veille du
XXe siècle représente une période d'intense construction pour la capitale.
L'habitat devient une priorité. A partir de 1870, l'immeuble parisien est
appelé "maison de rapport", avec ses cinq étages, sa
façade plate et sa décoration d'inspiration gréco-romaine. Ce type de bâtiment
est caractéristique de l'habitat bourgeois parisien des grandes avenues, comme
celle de l'Opéra. La transition vers "l'immeuble 1900",
qui se distingue notamment par sa décoration géométrique et sa porte en fer, se
fait peu après, vers 1895.
A cette époque, continue également la
construction de plusieurs grands
magasins, dont le premier, le Bon Marché, est conçu en 1852 par
l'architecte Louis-Charles Boileau assisté de Gustave Eiffel. Le Tout-Paris se
pressera désormais dans ces temples de la consommation, au grand désespoir de
Baudu, vieux marchand drapier qui voit sa clientèle déserter sa boutique
(Au bonheur des
dames, 1943).
Les frères Lumière
filment ce Paris à la fois touristique et populaire dès 1896, lorsque la
cinématographie naissante devient le témoin des évolutions de la ville
(Paris et ses
environs, 1896-1899).
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L'âge d'or du fer
| La fin du siècle est marquée par
l'Exposition universelle de 1889, marquant l'apogée de l'architecture
métallique et de la foi en la science. On dresse devant l'Ecole militaire la
Galerie des machines de fer et de verre. Les deux attractions principales de
l'Exposition sont la grande roue et la tour Eiffel, gigantesque prouesse
technique avec ses trois cents mètres de haut. Claire Jeanteur, dans
La tour et
Eiffel (1995), revient sur la carrière de Gustave
Eiffel et sur son œuvre novatrice pour l'époque.
Les
constructions métalliques pullullent dans la ville. L'exemple le plus frappant
reste la gare du Nord, dont la charpente du hall est exclusivement faite de
verre et de fer. Jacques Krier évoque ce mouvement original en présentant
divers lieux de la capitale dans
L'âge d'or du
fer (1995). Paris devient de plus en plus cette
ville moderne, au visage connu de tous.
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| | | Les fastes de la Belle Epoque |
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| | | Au début du XXe siècle, Paris s'affirme comme une place financière et
commerciale de première importance, en même temps que sa population continue à
croître. L'Exposition universelle de 1900, telle qu'elle est filmée par les
frères Lumière (L'Exposition
universelle, 1900) ou par Thomas Edison
(L'Exposition de 1900 à
Paris), est révélatrice du nouveau visage de la
capitale durant cette "
Belle Epoque". Plus de
cinquante millions de visiteurs se rendent à cette Exposition, où
l'architecture moderne, la foi en la science et les idées novatrices en matière
artistique se disputent la vedette.
La multiplication des loisirs
donne à la capitale une réputation internationale. Les "caf'
conc" et les cabarets, comme le fameux Moulin-Rouge dont s'imprègne
Jean Renoir pour réaliser French cancan
(1954), se multiplient. En 1913, est inauguré le théâtre des Champs-Elysées
construit par Auguste Perret (Auguste
Perret, 1983), tandis que les salles Gaveau et
Pleyel ne désemplissent pas. Les salles de cinéma se développent également,
comme l'explique le documentaire
Du "salon indien" au
multiplexe (1995).
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| | | La naissance du métropolitain |
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Le métro parisien au début du siècle
| La priorité de la politique d'urbanisme
est donnée à l'équipement. La ville cherche à résoudre les problèmes de
circulation devenus prépondérants en se dotant d'un chemin de fer métropolitain
souterrain. On peut trouver des images de ce chantier colossal dans
Le métro parisien au début du
siècle (avant 1930), consacré aux débuts de ce
nouveau transport en commun.
Sous la direction de Fulgence
Bienvenüe, à qui P.A. Picton consacre un portrait intitulé
Le père métro Fulgence
Bienvenüe (1975), la plus grande partie du réseau
est construite avant les années trente. La mise en place progressive de
nouvelles lignes modifiera et facilitera ensuite profondément la vie
quotidienne des Parisiens. En fait, c'est une seconde ville absolument
indispensable à la première qui se développe en sous-sol et devient un décor de
cinéma privilégié, comme en témoigne Roger-Henri Guerrand à travers un parcours
thématique consacré à l'image du métro (
Le métro : une figure cinématographique emblématique de
Paris).
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| | | Les façades des immeubles et l'entourage des portes
s'ornent d'une flore stylisée, une nouvelle forme de mobilier urbain se
développe également : c'est la naissance de l'art nouveau, dont le fondateur
est Hector Guimard, connu surtout pour les décorations des stations de métro et
du Castel Béranger, maison de rapport de la rue La Fontaine. Pascal Kané
consacre un documentaire à cet architecte décorateur plein de talent, dans
lequel on peut voir ses principales réalisations parisiennes (Hector
Guimard, 1992).
En 1967, dans
Le modern style à
Paris, Georges Franju partira à la recherche des
traces laissées par ce style caractéristique des premières années du XXe siècle
dans les rues de la capitale,notamment de ses quartiers populaires.
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| | | L'habitat parisien au début du XXe
siècle |
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Charlotte Perriand crée l'habitat au XXe siècle
| La capitale connaît une crise du
logement, qu'évoquent les actualités Gaumont de l'époque (Architecture et urbanisme à travers les actualités Gaumont
1912-1932). Certains architectes, tels Le
Corbusier, mettent en avant leur conception de l'habitat social par la création
d'un "plan voisin" pour Paris. Jacques Barsac, dans la
première partie d'un portrait consacré au
Corbusier
(1987), revient sur l'œuvre novatrice de l'architecte dans les premières années
du XXe siècle. Charlotte Perriand deviendra sa collaboratrice, comme on peut le
voir dans le documentaire Charlotte Perriand crée l'habitat au XXe
siècle (1988).
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| | | Le
choc de la Première Guerre mondiale |
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| | | La Première Guerre mondiale
vient mettre un frein aux projets en cours. Cette guerre, que l'on avait pensée
courte et glorieuse, durera en fait quatre ans et laissera le pays exsangue. De
mars à août 1918, Paris subit quelques dommages. Des obus tombent près de
l'Ecole des mines, boulevards Saint-Germain et Saint-Michel, et en particulier
sur la voûte de l'église Saint-Gervais.
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| | Paris pendant l'entre-deux-guerres |
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| | | De l'art déco
à l'avant-garde |
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Bâtir
| Après la guerre, un nouveau style plus
sobre se développe. Il deviendra une référence influençant tous les arts, de
l'architecture à l'ameublement. Ce style culmine en 1925 avec l'Exposition des
arts décoratifs, filmée à plusieurs reprises par les opérateurs Gaumont
(L'Exposition des arts décoratifs de 1925 à
travers les actualités Gaumont). Philippe Collin
revient également sur Le style 1925
(1975), à l'occasion du cinquantenaire de l'Exposition.
L'architecture monumentale n'est pas en reste puisque les années trente
voient la construction de nouvelles portes (Saint-Cloud, Dorée), du palais de
Tokyo et du musée des Arts africain et océanien (musée des Colonies). En 1937,
le palais de Chaillot, qui remplace celui du Trocadéro, sert de toile de fond à
la nouvelle Exposition universelle, évoquée dans un film anonyme (Exposition de 1937, 1937) et
par les actualités Gaumont (Architecture et urbanisme à Paris à travers
les actualités Gaumont 1932-1942).
Robert Mallet-Stevens conçoit de son côté l'espace urbain comme un décor
d'avant-garde, où s'imbriquent les volumes. Inaugurée en 1927, la rue portant
son nom, située dans le 16e arrondissement, regroupe plusieurs hôtels
particuliers et une maison de gardien, qui deviendront le manifeste de la cité
moderne. Pierre Chenal consacre une partie de son film
Architectures
d'aujourd'hui (1931) à cet artiste novateur et à
son homologue Le Corbusier.
Les cinéastes de l'époque se tournent
vers l'architecture pour la filmer et la glorifier : c'est le cas de Pierre
Chenal (Bâtir, 1931)
et de Jean Epstein (Les bâtisseurs,
1938).
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| | | Des HBM aux pavillons individuels |
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| | | Les fortifications entourant la capitale sont rasées à partir de 1920
pour laisser place à la construction d'habitations à bon marché (HBM), comme
l'explique le documentaire Au bord de
Paris (1996). La construction de ces immeubles
permet de résoudre en partie la crise du logement, très importante après la
guerre. Elle s'est accompagnée de nombreuses créations d'équipements sociaux :
crèches, dispensaires, salles de sport, etc. Cette nouvelle ceinture urbaine
marque l'avènement d'un nouveau style de vie et d'organisation sociale.
Les années entre les deux guerres voient également naître le
développement d'un "monde pavillonnaire". Face à une
demande excédentaire et à des loyers bloqués, les lotisseurs construisent à
moindre prix des maisons souvent médiocres en banlieue proche, que les
Parisiens s'arrachent, faute de choix. Dès 1934, le gouvernement est obligé de
suspendre la plus grande partie des crédits destinés à la construction.
L'effondrement des loyers dissuade les propriétaires de louer leurs
appartements : le problème du logement, à la veille de la Seconde Guerre, est
dans une impasse.
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| | | Les années sombres de
l'Occupation |
| |
| | | Pendant l'Occupation, la ville, comme on peut le
voir au cinéma, vit la nuit et retient son souffle le jour. Le marché noir se
fait dans les ruelles sombres (La traversée de
Paris, 1956), les théâtres abritent des réfugiés
(Le dernier
métro, 1980) et on s'enfuit par les égouts
(La grande
vadrouille, 1966).
A la fin de la
guerre, le Paris intra-muros est finalement peu détruit. Pourtant, Paris
restera de longues années une capitale sale et en retard sur ses voisines
européennes.
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| | | Une période de stagnation |
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Lettre de Paris
| L'après-guerre constitue une des plus
grandes périodes de stagnation pour la ville. Les questions que posaient avant
la guerre le retard des transports, la crise du logement, la mauvaise
organisation de la banlieue ont été très profondément aggravées par le conflit.
Le film de Roger Leenhardt Lettre de Paris
(1946) décrit une ville meurtrie, marquée par les restrictions,mais qui a
retrouvé un formidable élan.
Peu de crédits sont accordés aux
problèmes d'urbanisme de la capitale, en raison du poids que font peser sur
l'économie française les besoins nécessaires à la reconstruction des
infrastructures, des industries et des villes dévastées. La population
parisienne augmente cependant de 50 000 personnes par an, alors que la
population existante est déjà très mal logée et que beaucoup d'immeubles
insalubres sont laissés à l'abandon. Eli Lotar et Jacques Prévert s'associent
pour dénoncer avec véhémence les conditions de vie déplorables des habitants de
la banlieue, en l'occurence ceux d'Aubervilliers, dans un documentaire plein de
poésie (Aubervilliers,
1945).
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| | | L'apogée de
Saint-Germain-des-Prés |
| |
| | | Une telle crise du logement incite les
jeunes, fuyant les chambres de bonne exiguës ou les appartements de leurs
parents où ils devaient encore vivre, à sortir dans les lieux publics. C'est
alors l'apogée des cafés de Saint-Germain, de ses caves et des idées novatrices
qui pouvaient fleurir à l'époque. Une atmosphère qui est très bien retranscrite
dans le documentaire de Jacques Baratier
Le désordre a vingt
ans (1966), relatant l'ambiance du quartier après
la guerre.
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| | Paris pendant les années
cinquante |
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| | | Une crise du logement sans précédent |
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La crise du logement
| En 1954, les températures très rudes de
l'hiver mettent en lumière les conditions difficiles des plus démunis. L'abbé
Pierre lance un cri d'alerte qui sera déterminant pour faire comprendre au
gouvernement le besoin d'agir de toute urgence, notamment en faveur de tous ces
exclus de la politique urbaine qui tentent de survivre dans des bidonvilles
situés aux portes de la capitale.
Les documentaires
Des logis et des
hommes (1958) et
La crise du
logement (1956) du réalisateur Jean Dewever
dénoncent avec virulence des conditions de vie déplorables et cette crise
évidente du logement, l'une des plus graves d'Europe.
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| | | La naissance d'une politique sociale |
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| | | Dans l'urgence, des
logements économiques, dits LOGECOS, sont créés, essentiellement en banlieue.
C'est la fameuse politique des grands
ensembles (un grand ensemble correspondant à cinq cents
logements), qui s'inscrit dès 1958 dans le programme des ZUP (zones à urbaniser
en priorité). En 1969, on compte environ une douzaine de ZUP et une centaine de
grands ensembles : les progrès sont donc gigantesques, même si les premières
faiblesses du système sont déjà apparentes. On critique l'isolement de ces
structures, où la population se sent enclavée, repliée sur elle-même. Ce point
de vue est celui de certains habitants de la cité des Courtillères à Pantin,
interviewés bien des années plus tard pour le documentaire
33, parc des
Courtillières (1997). De leur côté, les
architectes défendent l'idée d'une "ville civilisée", où
les hommes vivraient en parfaite communion avec l'architecture de leur
habitation.
Le documentaire d'Agnès Denis et Mehdi Lallaoui
Du bidonville aux
HLM (1993) retrace l'évolution de l'habitat social
en banlieue parisienne, de l'après-guerre à nos jours. Ponctués de témoignages
et accompagnés d'un commentaire retraçant le passage progressif des bidonvilles
aux HLM, de nombreux documents d'archives rappellent l'ampleur de la pénurie de
logements dans les années 1950, le rôle de l'abbé Pierre dans la prise de
conscience du problème des sans-abris et illustrent les différents programmes
d'urbanisation qui se sont succédés.
La banlieue proche de Paris
arbore un visage qui lui est désormais bien connu, celui de terrains couverts
de tours immenses assemblées les unes aux autres, telles qu'on peut les voir
dans la banlieue nord, nord-est et sud-est de Paris.
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| | Paris pendant les années soixante |
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| | | La
réhabilitation de différents quartiers |
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| | | Pendant les années
soixante, l'Etat cherche à redorer le blason de Saint-Germain-des-Prés : des
immeubles sont restaurés, les rues assainies et désenclavées. Les cafés s'y
multiplient et les magasins de luxe s'y installent. Jean Douchet retranscrit
l'atmosphère de ce quartier en vogue depuis la fin de la guerre dans un sketch
du film Paris vu par...
(1965), qui marque l'apogée de la Nouvelle Vague.
Le rénovation
du Marais doit beaucoup à André Malraux, alors ministre de la Culture. La loi
de 1962 concernant la sauvegarde du patrimoine français lance l'Etat dans une
politique de restauration des bâtiments historiques. Le Marais est totalement
concerné par ce projet en raison de ses nombreux hôtels particuliers, datant
pour la plupart du XVIe siècle. Comme à Saint-Germain-des-Prés, des boutiques
de luxe et des restaurants ouvrent, leurs promoteurs comprenant que ce quartier
devient un pôle touristique. Le documentaire
Le Marais
aujourd'hui (1968), réalisé à cette époque dans le
cadre du célèbre magazine
Dim Dam Dom, propose une promenade
nostalgique au coeur de ce quartier.
Le
quartier des
Halles est également au centre des
préoccupations urbanistiques de l'époque. Depuis 1840, le marché central pose
un problème aux gouvernements qui n'osent prendre une décision. Si plusieurs
projets ont déjà été émis, aucun n'a trouvé de réél écho. On considère
cependant qu'une décision doit être prise. Il est alors décidé que le marché
sera transféré à Rungis et les abattoirs à La Villette. A la fin des années
soixante, un projet est retenu pour la construction d'un centre commercial en
souterrain et d'un jardin en surface. Les Halles constitueront aussi un des
nœuds de transport les plus importants de la capitale. L'émission télévisée
Le ventre de
Paris (1965), réalisée peu de temps avant le
déménagement des Halles, présente successivement les projets de construction
des halles à Rungis, des abattoirs à La Villette et de rénovation du 1er
arrondissement.
Les années soixante sont aussi des années
décisives pour les quartiers "périphériques". Une grande
opération d'urbanisme est engagée à Montparnasse, où la vieille gare est
détruite et remplacée par une immense tour de deux cents mètres en 1967. Le
documentaire Opération Maine
Montparnasse (1966), produit par la SNCF, revient
sur les principaux aménagements du quartier. La place d'Italie est également
rénovée : des tours immenses sont construites pour contenir des logements.
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| | | La construction du périphérique |
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Paris périph
| Le Plan d'aménagement et d'organisation
générale de la région parisienne et le Schéma directeur sont adoptés à cette
époque. Ces textes prévoient notamment de nouveaux axes de communication et la
construction de centres d'affaires et d'équipements. C'est ainsi que le
boulevard périphérique sera entrepris. Imaginé dès la fin des années trente, le
chantier durera tout au long des années soixante et même quelques années
au-delà (le dernier tronçon sera inauguré par le Premier ministre Pierre
Messmer en 1973). Aujourd'hui, ses trente-cinq kilomètres de long sont
fréquentés chaque jour par un millier de voitures. Plusieurs documentaires
reviennent sur ce chantier gigantesque, en particulier
Autour du
périphérique (1974), un film commandité par la
mairie de Paris, et L'ère
industrielle (1964), réalisé par Eric Rohmer pour
le Centre national de documentation pédagogique.
Plus récemment,
Richard Copans a aussi consacré un de ses films à ce boulevard circulaire. A
propos de Paris périph
(2004), il note : "Raconter le périphérique c’est d’abord raconter
l'histoire de l’enceinte militaire construite sur l’initiative de Thiers en
1840, cette enceinte de 400m de large qui fait le tour de Paris. C’est raconter
les fortifs et la zone, les HBM de 1924 et les HLM Lafay de 1953.Enfin la
construction du périph entre 1959 et
1973.C’est raconter ce no man’s land qui va désormais séparer Paris de sa
banlieue.Il était fait pour la guerre ; c’est devenu un lieu de promenade, une
ceinture de logements sociaux et enfin une voie majeure de circulation.Une
frontière, une limite, une enceinte, le dessin d’une ville
finie."
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| | | L'évolution de la
banlieue |
| |
| | | Au début des années soixante, les lignes de transport en
commun s'arrêtent encore presque toutes aux portes de la capitale et les
communes de banlieue sont mal reliées à Paris et entre elles. Une amélioration
du réseau de transports devient nécessaire. En 1961, on décide de la
construction d'un Réseau Express Régional (RER), dont le premier tronçon est
ouvert en 1969. Le film Station Nation
(1969), réalisé pour la RATP, retrace les étapes techniques de la construction
de cette station située à l'est de Paris.
Répondant à une demande
croisssante du tourisme de masse, l'aéroport international d'Orly est également
modernisé à cette époque, tandis que le chantier de celui de Roissy est lancé.
Plusieurs films de commande rappellent l'ampleur des travaux de ces
aéroports, dont
Orly 1964-66. Construction de la tour de
contrôle (1966) et
Les chantiers de Roissy en
France (1971), qui détaille lesimages du
terrassement, du drainage deseaux et de la construction de l'ensembledu
complexe.
Autre projet gigantesque, celui de la création des
"villes nouvelles", à l'image des New Towns anglaises.
Les urbanistes français veulent des villes contenant une grande diversité de
fonctions, d'emplois et de qualifications. Elles sont imaginées grandes, avec
un centre puissant et attirant. Cinq villes sont construites : Evry, Cergy,
Melun, Saint-Quentin et Marne-la-Vallée. A travers une émission en trois
parties, coproduite par France 3 Ile-de-France, Mehdi Lallaoui évoque la
création de ces nouvelles agglomérations (Voyage en villes
nouvelles, 1995).
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| | Paris pendant les années soixante-dix |
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| | | Un nouveau
programme urbain |
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Le centre Georges-Pompidou
| Le nouveau président élu, Valéry Giscard
d'Estaing, propose très vite un programme destiné à transformer radicalement la
politique urbaine. L'importance des espaces verts, la préférence pour la
réhabilitation plutôt que la rénovation, la volonté de brider la croissance de
la capitale : voilà les principes de base du nouveau programme urbain.
La priorité est notamment donnée à la réhabilitation de bâtiments
anciens, comme la gare d'Orsay qui sera transformée en musée du XIXe siècle
(La gare dans le musée
1979-1987, 1987). Le Centre Georges-Pompidou,
oeuvre des architectes Renzo Piano et Richard Rogers commencée dans les années
soixante, est inauguré en 1977. Vingt ans après, Richard Copans retracera les
différentes étapes de sa construction dans
Le Centre
Georges-Pompidou (1997). A proximité, le chantier
du quartier des Halles prend de l'ampleur. Il sera suivi de près, de 1971 à
1984, par Joseph Morder (La construction des
Halles, 1984). La fiction présente également des
images de ce vaste chantier, en particulier
La femme de
Jean (1974) de Yannick Bellon.
Ces
transformations s'inscrivent dans un contexte de spéculation qui chasse de
nombreux Parisiens de leurs logements. Véritable appel à la révolte, le
documentaire militant de Marie-Geneviève Ripeau et Liliane Korb
Histoire d'un
crime (1977) est un témoignage desmouvements de
rejet, à la fin desannées soixante-dix, de l'évolution de
lacapitale.
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| | | La politique urbaine à Paris et en
banlieue |
| |
| | | Autre avancée en terme de politique urbaine, le
rétablissement de la fonction de maire de Paris, qui avait disparu depuis 1800.
La ville restait en effet soumise à une forte tutelle de l'Etat. L'élection
d'un maire unique est une réforme de grande importance. La région Ile-de-France
est également créée en 1976 afin de répondre aux problèmes que pourrait
négliger un maire trop préoccupé par le Paris intra-muros. Les élections de
1977 sont remportées par Jacques Chirac, nouveau maire de Paris.
De l'autre côté du périphérique, les premières tours du quartier de La
Défense, qui deviendra le Manhattan parisien, sont construites. Le but
principal est d'installer des bureaux et de prolonger l'axe des Champs-Elysées
qui s'étend de la Bastille à la porte Maillot. Plusieurs films produits par
l'Etablissement pour l'aménagement de La Défense (EPAD), dont
Défense 71, 100 ans
après (1971) et
Demain hier
aujourd'hui (1979), évoquent l'évolution
spectaculaire du quartier en quelques décennies.
Paris à la fin
des années soixante-dix est une ville modernisée, dont les principaux quartiers
ont été réhabilités. La politique en banlieue reste toutefois plutôt timide. Le
gouvernement ne cesse de revenir sur des décisions antérieures, surtout en ce
qui concerne le transport et le logement. Le film de Jean-Paul Desgoutte
Souvenirs de
banlieue (1979) décrit les conditions de vie
au-delà du périphérique à cette époque. Les vues descités dortoirs et des
moyens d'accès àla capitale contribuent à décrire unmonde
déshumanisé.
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| | Paris depuis les années
quatre-vingt |
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1982-1992 : architecture et urbanisme à Paris
| S'il est bien un tournant décisif pour la
capitale parisienne, ce sont les années quatre-vingt. Dès l'automne 1981, le
président François Mitterrand annonce en effet sa volonté d'engager l'Etat dans
une politique de grands travaux. Les projets, audacieux, répondent à un
véritable questionnement sur la ville et ses fonctions. Les différents
chantiers visent une démocratisation de la culture et une architecture
accessible à tous et mêlant souvent la modernité au classicisme.
1982-1992 : architecture et urbanisme à
Paris (1992), un court film produit par le Forum
des images, offre un panorama original de ces dix années de mutation capitales
pour la ville.
Parmi les plus importants chantiers lancés à cette
époque, la construction de l'opéra Bastille par Carlos Ott, décrite avec
minutie par Jean-François Roudot (L'opéra
Bastille, 1990-91). Autre grand chantier,
l'Institut du monde arabe, conçu notamment par l'architecte JeanNouvel,
comprend une immense façade vitrée orientée vers le sud, composée d'un système
très ingénieux de diaphragmes tamisant la lumière, comme on peut le voir dans
Les diaphragmes de
l'IMA (1987).
Aux portes de la
ville, la Cité des sciences et de l'industrie construite à l'emplacement des
anciens abattoirs de Paris vise à rompre l'isolement du nord-est de la
capitale. Dans le cadre de la série
Faits
d'architecture, le documentaire
La Cité des
sciences (1999) évoque les choix qui ont présidés
à la réalisation du bâtiment et les techniques de construction utilisées.
Egalement excentré, le chantier de l'aménagement de La Défense en un quartier
d'affaires prend forme peu à peu. La Grande Arche, imaginée par l'architecte
Johan-Otto Van Spreckelsen, sera finalisée pour l'année du bicentenaire de la
Révolution française par Paul Andreu. De nombreuses images des chantiers, des
maquettes originales et du paysageenvironnant sont visibles dans
La Grande
Arche (1989).
Certaines réalisations
passionnent l'opinion publique. Le Grand Louvre est ainsi marqué par un débat
autour de la pyramide conçue par Ieoh Ming Pei, un architecte
américaind'origine chinoise dont Francis Warin dresse le portrait (Ieoh
Ming Pei, 1986).
La bataille de la
Pyramide (1991) retrace cette histoire
mouvementée. De même, l'immense chantier de la Bibliothèque nationale
engendrera des discussions passionnées, dont rend compte un film produit par le
Forum des images (La Bibliothèque nationale de
France, 1998).
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| | | Le
cri d'alerte de la banlieue |
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| | | Même si les grands chantiers
continuent d'embellir Paris, les problèmes soulevés par l'aménagement de
certaines villes de banlieue dans les années soixante deviennent criants de
vérité, causant d'ailleurs de nombreux problèmes sociaux. La vétusté des
bâtiments, initialement construits pour un temps provisoire, se fait de plus en
plus inquiétante. La question des destructions des barres d'immeubles est de
plus en plus présente dans les esprits. En 1986, dans la Cité des 4000 à la
Courneuve, la barre Debussy est détruite par implosion. Interviewés dans
Notes pour
Debussy (1987), les locataires évoquent leurs
souvenirs, la vie de cette cité HLM depuis sa construction au début des années
1960, la dégradation progressive des locaux et ses conséquences sociales.
Nombreux sont les documentaires de la série
Saga-cités à
mettre également en avant les doutes de la population sur la nécessité de
détruire des bâtiments qui représentent une partie de leur passé.
Autre critique plus évidente, celle concernant l'isolement des banlieues
et leur manque de confrontation avec les grandes villes, comme on peut le voir
à travers le regard de Mathieu Kassovitz qui réalise en 1995 le film de toute
une génération : La haine.
Cette contestation vient remettre en cause la politique de logement décidée
face à l'urgence de la situation des années cinquante. Le manque de prise en
compte des problèmes tels que l'isolement, la formation de ghettos ou la
pénurie d'équipements met en lumière un système désuet et inapproprié. De
nombreux projets restent encore à inventer à Paris et au-delà de ses
portes...
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