Parmi les films les plus récents, Bleu, blanc, rose (2002), documentaire captivant et très complet, retrace l'évolution du mouvement homosexuel depuis quarante ans : clandestinité, humiliations, luttes pour la reconnaissance sociale, dépénalisation de l'homosexualité, liberté sexuelle festive, combat contre le sida, Pacs…
La fiction a, quant à elle, longtemps présenté les personnages homosexuels sous un jour très sombre : Jean Genet lance Un chant d'amour (1950) trouble et suffocant à ces hommes dont l'enfermement exaspère le désir. Quand l'écrivain prend le visage de Michel Piccoli dans Les équilibristes (Nico Papatakis, 1991), il joue de sa force de séduction en manipulant jusqu'au vertige un jeune homme. Dans Alger la blanche (1985) de Cyril Collard, l'irruption de Jean dans la famille de Farid, son amant d'origine algérienne, déclenche des réactions violentes et passionnelles. Sept ans plus tard, lorsque Cyril Collard réalise Les nuits fauves (1992), son héros - Jean - bouleverse non seulement la libido des êtres qu'il rencontre, mais aussi leur vie entière puisqu'il porte en lui le virus du sida.
Le triangle amoureux, admirablement dessiné par Michel Béna dans Le ciel de Paris (1991), est également voué à la frustration et à la souffrance, puisque Marc tombe amoureux de Lucien, tandis que celui-ci s'éprend de Suzanne. Quant aux femmes, elles sont aussi marquées par "cette funeste différence" évoquée par Marcel Proust. Ariane est La captive (2000) soupçonnée d'homosexualité par son amant maladivement jaloux, dans la superbe adaptation de La prisonnière de Marcel Proust, imaginée par Chantal Akerman. A l'adolescence, Muriel fait le désespoir de ses parents (1995), lorsqu'elle rencontre Nora et découvre qu'elle "préfère les filles aux garçons".
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