Les collections de films > Regards sur l'homosexualité
Paris au cinéma l Parcours thématique

Regards sur l'homosexualité

Regards sur l'homosexualité
collection Paris au cinéma

La confusion des genres d'Ilan Duran Cohen
 

Les films consacrés à l'homosexualité et tournés à Paris, au-delà de l'extrême variété de leurs regards, dessinent une géographie parisienne tantôt célèbre, tantôt personnelle, intime, mystérieuse.





Un "étrange penchant..." pour le tragique

Parmi les films les plus récents, Bleu, blanc, rose (2002), documentaire captivant et très complet, retrace l'évolution du mouvement homosexuel depuis quarante ans : clandestinité, humiliations, luttes pour la reconnaissance sociale, dépénalisation de l'homosexualité, liberté sexuelle festive, combat contre le sida, Pacs…


La fiction a, quant à elle, longtemps présenté les personnages homosexuels sous un jour très sombre : Jean Genet lance Un chant d'amour (1950) trouble et suffocant à ces hommes dont l'enfermement exaspère le désir. Quand l'écrivain prend le visage de Michel Piccoli dans Les équilibristes (Nico Papatakis, 1991), il joue de sa force de séduction en manipulant jusqu'au vertige un jeune homme. Dans Alger la blanche (1985) de Cyril Collard, l'irruption de Jean dans la famille de Farid, son amant d'origine algérienne, déclenche des réactions violentes et passionnelles. Sept ans plus tard, lorsque Cyril Collard réalise Les nuits fauves (1992), son héros - Jean - bouleverse non seulement la libido des êtres qu'il rencontre, mais aussi leur vie entière puisqu'il porte en lui le virus du sida.


Le triangle amoureux, admirablement dessiné par Michel Béna dans Le ciel de Paris (1991), est également voué à la frustration et à la souffrance, puisque Marc tombe amoureux de Lucien, tandis que celui-ci s'éprend de Suzanne. Quant aux femmes, elles sont aussi marquées par "cette funeste différence" évoquée par Marcel Proust. Ariane est La captive (2000) soupçonnée d'homosexualité par son amant maladivement jaloux, dans la superbe adaptation de La prisonnière de Marcel Proust, imaginée par Chantal Akerman. A l'adolescence, Muriel fait le désespoir de ses parents (1995), lorsqu'elle rencontre Nora et découvre qu'elle "préfère les filles aux garçons".






Droit à la différence, droit à l'indifférence ?

Après avoir réclamé énergiquement le "droit à la différence", nécessaire pour lutter contre l'homophobie, nombreux sont les homosexuels qui aspirent aujourd'hui au "droit à l'indifférence" formulé par l'écrivain Yves Navarre. Pourtant, annoncer à sa famille qu'on est homosexuel, c'est encore courir le risque de s'entendre dire qu'on a Un petit vélo dans la tête (1999) !


Mais l'humour est une arme de subversion efficace : dans L'inattendue (1987), une grand-mère stupéfaite tente vainement de remettre son petit fils "dans le droit chemin". Oranges et pamplemousses (1997) décrit avec ironie et une grande liberté de ton les tribulations érotiques de quelques homosexuels. Même lorsqu'ils sont confrontés au sida, dans Le traité du hasard (Patrick Mimouni, 1998), les personnages manient l'autodérision. Enfin, Pascal Greggory donne un charme comique et tendre à Alain, avocat homosexuel empêtré dans La confusion des genres (2000), souffrant d'une incapacité chronique à choisir entre ceux qui l'aiment, hommes ou femmes.


Les mentalités de la société française ont profondément évolué : ainsi, même Monsieur le curé de Saint-Eustache (2001) évoque le rapport de l'Eglise à l'homosexualité sans tabous ni… "langue de buis" ! Reflet de cette évolution, Le tuteur (1996) aborde sans manichéisme la question controversée de l'homoparentalité.







En écho

Parcours thématiques
Le sida, par le Forum des images

 


Sur Internet
http://www.ffglp.net

Le Festival de films gays et lesbiens de Paris.




Copyright Forum des images

novembre 2002

/fdi/layout/set/nolayout/calendar/get_by_day
Agenda