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| collection Paris au cinéma | 
Une flamme dans mon coeur d'Alain Tanner
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Au cœur du
cinéma, il y a le corps, celui de l'acteur qui incarne le personnage du récit,
cette matière première sur laquelle le cinéaste bâtit et crée son film. Art du
mouvement, le cinéma s'est animé pour filmer des corps qui bougent, qui miment
la vie. Puis, très vite, des histoires, principalement entre des hommes et des
femmes, donc des rencontres entre des corps.
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 Sophie Guillemin dans
L'ennui
| Avant toute chose, de l'amour et de la
passion. La sensualité des corps qui se mêlent.
Corps à cœur
intenses et magnifiques chez Paul Vecchiali, qui a su
retrouver le souffle lyrique et romantique du mélodrame pour filmer les élans
de ses amants Nicolas Silberg et Hélène Surgère.
Sommets de
beauté sensuelle aussi dans N'oublie pas que tu vas
mourir entre Xavier Beauvois et Chiara
Mastroianni, amoureux magnifiques et tendres. Du sexe, il en est plus sûrement
question dans d'autres films encore :
Le dernier tango à
Paris (Bernardo Bertolucci), presque trente ans
après le scandale qu'il créa lors de sa sortie, reste une œuvre forte et
profondément émouvante sur l'ambiguïté de la séduction.
Oeuvre
moins connue mais néanmoins sulfureuse :
Une flamme dans mon
cœur (Alain Tanner), dans laquelle la comédienne
Myriam Mézières, auteur du scénario, incarne une femme à la dérive qui cherche
dans le corps des hommes un amour impossible. Comme le héros de
L'ennui
(Cédric Kahn), confronté au corps mystérieux et opaque d'une amante qui se
donne avec désinvolture.
"De l'érotisme, il est
possible de dire qu'il est l'approbation de la vie jusque dans la
mort." Ces mots de Georges Bataille résonnent chez le Roman
Polanski de Lunes de
fiel, film masochiste et féroce sur les affres de
la passion amoureuse. Claire Denis filme le sexe comme un film d'horreur et de
vampires. Dans Trouble Every
Day, les scènes d'amour sont véritablement des
scènes de meurtre.
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| | | | Corps à corps
impossibles |
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 Antonietta Pizzorno dans
Anatomie d'un rapport
| Rapports de couple perturbés, à travers
des films qui explorent les aléas du désir quand il ne peut se réaliser. Ainsi,
Luc Moullet, cinéaste qui a construit une œuvre autour de son corps, fait
l'Anatomie d'un
rapport dans son film homonyme, bilan sans
complaisance des rapports sexuels entre un cinéaste et une féministe. Que se
passe-t-il derrière la porte de la chambre à coucher ? C'est le sujet du
Septième ciel
de Benoît Jacquot où une femme qui ne peut faire l'amour avec son mari consulte
un hypnotiseur. Un chant
d'amour, unique film réalisé par Jean Genet est le
poème de l'amour interdit et clandestin entre deux détenus d'une
prison.
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 Carlos Lopez et Cyril Collard dans
Les nuits fauves
| Parmi ces cinéastes de l'affrontement des
corps, une place sera faite particulièrement aux films de Maurice Pialat. Les
corps à corps sont au cœur de son cinéma : les personnages s'y cognent et s'y
bousculent parce qu'ils n'arrivent pas à se parler.
Loulou,
A nos amours
et Nous ne vieillirons pas
ensemble, trois films incontournables. Cyril
Collard, qui fut son assistant, a retrouvé dans son unique long métrage
Les nuits
fauves cette violence entre les êtres qui
caractérise les films de Pialat. Un film certes inabouti mais d'une urgence et
d'une intensité rares. Désir et souffrance également dans le
Noir et
blanc de Claire Devers, caméra d'or au festival de
Cannes en 1986.
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| | | | Pas de deux : bonheurs des
corps |
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 Jacques Bonnaffé et Virginie Ledoyen dans
Jeanne et le garçon formidable
| Pour conclure, quelques corps à corps
harmonieux et doux : ceux des couples de danseurs des comédies musicales. A la
française, par la grâce de Virginie Ledoyen (Jeanne et le
garçon formidable d'Olivier Ducastel et Jacques
Martineau), Nathalie Richard, Marianne Denicourt et Laurence Côte (Haut
bas fragile de Jacques Rivette). On ne saurait
oublier dans cette petite liste les films de Jean-Daniel Pollet : leçons de
danses de salon avec Georges et
Rosy (1967), découverte du tango avec
L'acrobate
(1975), le charme des dancings populaires (Pourvu qu'on ait
l'ivresse, 1957).
A l'américaine
forcément, avec le couple exemplaire du genre, Fred Astaire et Ginger Rogers,
dans La grande
farandole (H.C.Potter).
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Le
programme Corps à corps s'est tenu au Forum des images du 13 novembre 2001 au 22
janvier 2002.
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Chez Georges et Rosy, série Dim Dam Dom
de Jean-Daniel Pollet documentaire, 1967, noir et blanc, 9min
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L'ennui
de Cédric Kahn fiction, 1998, couleur, 2h04min
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La grande farandole (The Story of Vernon and Irene Castle)
de H.C. Potter fiction, 1939, noir et blanc, 1h29min
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Loulou
de Maurice Pialat fiction, 1980, couleur, 1h50min
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Lunes de fiel (Bitter Moon)
de Roman Polanski fiction, 1991, couleur, 2h20min
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Noir et blanc
de Claire Devers fiction, 1986, noir et blanc, 1h20min
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Le corps au cinéma, Vincent Amiel, Paris, PUF, 1998
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novembre 2001 mise à jour 28 novembre 2008 |
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